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maybe we're just the shadow of a tale from years ago| Pitch&Jack

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Jack Frost
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MessageSujet: maybe we're just the shadow of a tale from years ago| Pitch&Jack Jeu 9 Aoû - 0:53

Pitch Black &
Jack Frost

maybe we're just the shadow of a tale from years ago

Mars 2013;

Alors qu’il marchait paisiblement vers la forêt, prenant le chemin le plus rapide afin de retourner dans la maigre chaumière qu’il avait emprunté, une douleur atroce le plaqua au sol. Sur la terre gelée il se mit à cracher de l’eau qui semblait avoir rempli ses poumons une nouvelle fois. L’adolescent n’arrivait plus à aller chercher son souffle et une énorme panique s’éprit de son être. L’eau continuait de sortir abondamment alors qu’il la crachait de toute ses forces, des frissons lui parcouraient la colonne brutalement, il avait la sensation qu’un millier de piqures étaient venues se loger sur son corps. Il se sentait perforé, vulnérable, mourant pour la première fois depuis un très long moment. Il n’arrivait pas à comprendre ce qu’il avait fait pour vivre une nouvelle mort, dépourvu d’aide, aussi seul qu’il l’avait été la toute première fois. Le froid lui perforait la peau, ses yeux se fermaient de fatigue et la noirceur s’éprenait de lui en l’enlaçant de son doux chagrin. Aucun air ne venait apaiser sa douleur, il n’y avait que l’eau qui coulait le long de sa gorge alors qu’il tentait encore de s’en déloger. Ses doigts agrippèrent la terre glaciale, son corps s’affaissait au sol tandis que ses muscles le lâchaient petit à petit et la panique fit place à la peur. L’effroi de la mort, rude épreuve qu’il avait déjà traversée il y avait de cela très longtemps, elle prenait son être à nouveau en remplaçant toutes pensées logiques. Il ne restait que l’obscurité offerte par cette nuit sans lune, que son corps mourant et l’eau qui coulait encore de ses lèvres. Jack ouvrit les yeux une dernière fois alors que ses forces le quittaient, priant l’homme de la lune d’intervenir, ce même s’ils étaient séparés de deux mondes.

Avait-il reçu l’appelle de détresse? Tout ce que l’esprit de l’hiver savait c’était que son calvaire avait pris fin aussi vite qu’il avait débuté. L’air revint d’un seul coup arrachant une douleur poignante à sa poitrine, il s’en agrippait le torse sous le choc soudain, tendis que l’eau avait cessée d’être maître de son corps. Il toussait difficilement, sortant les quelques résidus encore présents, les doigts encore crispés sur son hoodie à cause de la peur qui l’avait envahi. Sa respiration était saccadée, ses yeux encore remplis d’eau suite aux évènements, un haut le cœur vint prendre place afin de le faire vomir. Tout ce qui avait pu être dans son estomac en sortie, incluant ce qui restait d’eau, le laissant complètement vulnérable à cet instant précis. Doucement, Jack vint essuyer sa bouche du revers de sa main, les yeux encore rivés sur le sol souillé. Il se mit à genou, les mains contre la taille, respirant de plus en plus doucement jusqu’à ce qu’il ne produise presque plus aucun son.

C’est à ce moment que l’esprit de l’hiver compris le pétrin dans lequel il se trouvait réellement. Plus personne ne croyait en lui, n’est-ce pas? Il n’en était pas totalement certain, mais s’il pouvait recevoir un signe lui prédisant la véracité de cette phrase, il s’imaginait que c’était ce qu’il venait tout juste de vivre. Comment en être certain? Voulait-il même tenter le diable en trouvant la vérité? La tête penchée par l’arrière, son corps encore tendu, il avait de la difficulté à même réaliser ce qui venait de lui arriver. C’était si soudain, comme un éclair aurait frappé le sol, il n’avait pas eu le temps de s’y préparer. Déjà, alors que la douleur s’estompait, il oubliait presque la peur qui l’avait saisi à l’instant même. Il ne restait qu’un sombre souvenir, lui rappelant une mort qu’il avait autrefois oublié, redonnant naissance à une phobie dont il avait tenté de se débarrasser.

« Si c’est ça ta réponse… » balbutiait l’esprit de l’hiver en fixant le ciel nuageux. « Je ne peux pas les trouver plus vite…trouve les toi-même si c’est si urgent. » Il voulut ressentir de la colère, croyez-moi, mais il n’y arrivait simplement pas. Tout ce que l’adolescent pouvait ressentir était de la solitude, la même que toujours, il savait bien qu’il n’aurait jamais de réponse. Il devrait se satisfaire du silence, ce long ainsi que terrible silence, sans ne jamais s’attendre à une réponse de la part de l’homme de la lune.

Alors qu’il éclaircirait sa gorge en tentant de trouver la force de se relever, des bruits provenant de la forêt attirèrent son attention. On aurait cru un coup de tonnerre, suivit d’une panique de la part de la faune locale, rien qui ne soit rassurant. Fronçant les sourcils, Jack se dit lors d’une seconde qu’il serait judicieux de ne surtout pas confronter le bruit, mais l’adolescent avait une curiosité hors norme qui confrontait sa logique. Brusquement sur ses pieds, il prit la direction du son, tout en restant aussi discret qu’il le pouvait.
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Pitch Black
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MessageSujet: Re: maybe we're just the shadow of a tale from years ago| Pitch&Jack Ven 10 Aoû - 5:19

It's so cold in the dark

Maybe we're just the shadow of a tale from years ago



Ce déplacement n'avait rien de semblable à sa marche dans les ombres où les ténèbres le recouvraient comme un effleurement rassurant et superficiel. Au contraire, l'atmosphère écrasait chaque superficie à sa portée, appuyant sur son apparence extérieure comme si elle voulait graver son corps dans chaque grain de sable du temps. Lourd, oppressant, la fluidité de ses mouvements étaient contraint par sa propre solidité, la lumière reflétant enfin sur cet être resté sans forme pendant des siècles. Le passage et surtout le voyage vers un autre monde l'engouffraient de tiraillement, chaque morceau de lui, aussi minuscule et auparavant insignifiant étaient maintenant plus vif que jamais. La conscience de l'esprit disparut un moment pour revivre avec une solidité chamboulante et agressive. Le temps s'écoula passivement, ignorant sa détresse alors que les sens de Pitch lui parvinrent finalement, lui faisant réalisé qu'il y avait désormais un environnement tangible autour de lui à l'opposé de la magie l'ayant emporté de manière douloureuse.

Sa priorité et son intention auraient été à l'origine de faire le point sur le nouvel endroit, mais l'overdose de nouvelle sensation le figea sur place, tremblant sous une drogue d'adrénaline dont il n'en avait connu que les sensations fantômes pendant des années. Son cerveau tentait de lui faire connaitre chaque particularité d'un corps vivant qu'il avait oublié et que tout autre humain connaissait, mais ne reconnaissait plus tel que la respiration, les battements cardiaques, l'air sur la peau, le goût de sa propre salive et la pression sanguine lui oppressant la tête due à autant de stimulation. Un cri lui échappa, impuissant, confus, imitant la fureur d'un nouveau-né étant jeté dans l'inconnu et à cet instant, le son de sa voix résonna et le choc fut remplacer par de la surprise. Sans être calme pour lui, le silence s'établit par après alors que le gardien de la noirceur réfléchissait à cette situation où même sa voix lui était désormais inconnue, tout en étant nostalgique.

-Qu'est-ce que...

Ce n'était pas ce qui avait été convenu. Ce n'était pas sensé se passer ainsi. Ce n'était pas possible. L'esprit avait envisagé être perdu dans de nombreux monde, coincé entre les passages ou même détruit, mais il avait décidément fait le voyage complet, réussissant une partie de ses intentions au prix de ce qui semblait être un changement inquiétant en lui. Décontenancer, un regard sur ses mains suffit à lui faire froncer les sourcils d'agacement, la magie noire le recouvrant habituellement ayant disparut laissant place à de la peau qu'il ne possédait qu'en cas de certain changement de forme. Ses doigts se crispèrent, une douleur se propulsant dans ses nerfs face à la raideur des appendices inutilisés depuis des siècles. Une réalisation se produisit en Pitch Black alors qu'il tentait d'agripper sa magie et de la manifester tout en ignorant la nausée qui progressait dans ses organes manifestement en vigueur. Il s'agissait de son propre corps, sans glamour, sans transformation, sans pouvoir, comme il devait avoir été avant la touche de l'homme de la lune. Était-ce le passé? Le roi des cauchemars ne mettrait pas la manipulation du temps hors du possible pour son ennemi. Peut-être que les villes festives avaient toujours été hors du temps, ce qui pourrait permettre plus facilement l'organisation du travail pour ses gardiens.  Non, il devait s'agir d'interférence, car bien qu'il ait de la difficulté pour le moment à user de sa noirceur, il pouvait toujours la ressentir et il était plus probable qu'il s'agisse d'effet secondaire quant à son voyage à travers un portail à la magie trafiqué qu'à un effet permanent.

Son esprit reprit le dessus sur ses fonctions corporelles engourdies, se concentrant sur les aspects extérieurs à lui même, focalisant son attention sur l'environnement plutôt que sur sa constitution vulnérable et presque mortelle. Tournant les talons pour observer derrière lui, le voyageur fut dépité de n'apercevoir que des arbres insipides et sans portes colorées. Malgré ce détail vital, Pitch attira son attention sur le reste, levant la tête pour chercher des indices dans le ciel. Des étoiles à perte de vue, parfois obscurcies par quelques nuages, mais aucune lune pour être témoin de sa détresse caché. Ce dernier aspect différait de son départ où la lune avait éclairé sa porte empruntée d'un éclat irréel qui l'avait rendu plus méfiant que reconnaissant. Soit sa traversée avait été beaucoup plus longue que son ressenti, soit ce monde se trouvait sur un plan astral très différent de son territoire. Le froid différait aussi de sa précédente situation et pour la première fois, en plus de ressentir la température, il la subissait aussi, la peau protégeant inefficacement sa chair auparavant souple qui se tendait en réponse. De vieux vêtements léger et sale pendaient presque sur son enveloppe charnelle frêle, ce qui contrastait avec l'esthétique sophistiqué qu'il avait peigné pendant des siècles. Agacé, l'esprit tenta de discerné parmi les arbres la direction d'une ville ou de signe de vie où il pourrait remédier à sa situation vestimentaire et calmé son humeur. Il restait peu de patience dans ce plus petit corps, un désir d'action l'obligeant à mettre un pied devant l'autre même si cela signifiait quitté ce lieu qui pour l'instant avait été libre d'ennemis. Le maître des peurs se raisonna aussi efficacement avec le fait qu'il existait peu d'adversaires assez redoutables pour lui faire obstacle et encore moins lui causer un véritable préjudice.

Pourtant, il ne servait à rien de nier la fragilité de sa situation et que la panique n'attendait que de surgir à nouveau, n'ayant jamais quitté complètement et observant le simulacre de calme de sa position à l'arrière de sa tête, comme une conscience persistante dont les mots n'attendant que de résonner dans son crane. La neige fraîche conquérant le sol lui aurait laissé un goût amer dans la bouche s'il n'y avait pas déjà eu celui métallique du sang provenant de sa gorge cru. Les pas furent lent, incertain, léger d'intention, mais lourd de maladresse. Il s'agissait de se réhabituer à la chair dont il n'avait plus la mémoire, un corps l'ayant déjà échoué, trop pur de ses hantises et vide de toute arrogance. Pitch supposait être à forte distance de ses ennemis, mais ne s'en trouva pas totalement rassuré pour autant. Son sixième sens était encore inaccessible et ceux naturels à l'humanité ne lui donnaient guère des informations admirables. L'obscurité qui était son domaine lui paraissait désormais une embuscade, les nuages se déplaçant pour recouvrir les étoiles, les grands arbres parvenant à faire de subtiles ombres dans la faible lumière et la neige sale mélanger à la terre qui lui témoignait de présence passée il n'y a pas si longtemps. C'était une ambiance de crainte comme il en avait profité à maintes reprises, se délectant de l'imagination hâtive des voyageurs qui se terrorisaient indépendamment de sa touche personnelle. Ici, c'était un piège tendu, mais n'étant pas le chasseur ayant mis ses marques, méfiance et prudence s'accordaient dans son esprit. Ici, il n'y avait aucune porte, aucune sortie, aucune évasion possible.





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Jack Frost
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MessageSujet: Re: maybe we're just the shadow of a tale from years ago| Pitch&Jack Lun 13 Aoû - 2:33

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maybe we're just the shadow of a tale from years ago

Mars 2013;

On aurait cru lors d’une seconde qu’une tempête venait de se déchainer dans la forêt. Qu’est-ce qui pouvait apporter autant d’effroi? Le plus décontenançant de cette histoire fut le calme qui suivit le coup de tonnerre. On aurait presque pu entendre les morts danser sous la terre tellement le silence avait reprit possession des lieux en maitre. Jack laissait tout de même la curiosité le gagner, ce même s’il aurait dû rebrousser chemin, il marchait très doucement là où son instinct le guidait. Peut-être était-ce l’adrénaline qui coulait encore dans ses veines, tout comme l’eau avait depuis peu erré dans ses poumons, qui le poussait à être aussi courageux. La curiosité était certainement un de ses pires défauts, mais le courage n’en avait fait que rarement partie, alors pourquoi se manifestait-il aujourd’hui? Alors ça, l’adolescent n’aurait absolument pas pu vous répondre, il serait resté aussi sans voix qu’il puisse l’être si on lui avait demandé. Il n’avait aucune idée de ce qui l’attendait dans l’obscurité, ni du danger dont il ferait bientôt face, ses pas ne faisaient que continuer sa démarche féline dans un silence le plus complet. On entendait à peine la neige être doucement piétinée, le sol émettant un faible craquement lorsque la glace sous lui se fissurait, mais rien qui ne démarquait sa présence de celui d’un autre animal de la forêt. Doucement il fit son chemin entre les branches qui s’étaient écrasées au sol durant une tempête et la verdure qui tentait de renaître du printemps qui s’annonçait enfin présent. Il n’y avait devant lui qu’une épaisse brume d’obscurité provoqué par cette nuit sans lune. Plus l’esprit de l’hiver s’aventurait dans l’épaisseur de la forêt, plus des étoiles venaient doucement bercer la nuit, offrant ne serait-ce qu’un mince répit pour la crainte qui s’élevait en lui. Il allait abandonner sa recherche quand un crie perçant se fit percevoir, un crie déchirant qui expliquait une détresse de l’âme profonde, cette appelle à l’aide ne tombait pas dans l’oreille d’un sourd. L’adolescent prit un pas plus assuré vers le bruit et s’arrêtait net quand son regard fut enfin apte à différencier une ombre de la noirceur la plus totale.

Au début son cœur sautait deux bonds, l’ombre qu’il vit se dessiner devant lui ne lui était certainement pas inconnu et il cru au pire. Le retour de Pitch Black, celui annoncé par les rumeurs du monde des contes, une prophétie apparente qu’il n’avait lui-même pas caché des autres gardiens. Cette pensée emmenait Jack dans un endroit qu’il ne croyait pas pouvoir rejoindre à nouveau, il serrait ses poings durement, respirant plus fortement que plutôt. Une respiration saccadée par la rage qui venait tout juste de se bercer en lui, la colère l’enlaçant brusquement de ses mains agiles, laissant l’esprit avoir des idées sombre pour la première fois depuis un bail. Puis soudainement, l’ombre pris une forme distinctive, un adolescent ou bien un jeune adulte qui n’avait rien de son vieil ennemi. La colère se gelait au contact de la peau de Jack, le relâchant aussi vite qu’elle l’avait rejoint, alors qu’il perdait toute animosité aussi vite qu’il l’avait gagné. Les récents évènements l’avaient-ils tendues au point qu’il s’en prenne à un innocent? Puis, soyons sincère, Jack aurait-il délibérément attaqué Pitch Black sans le renfort que lui procurait ses collègues? Il ne savait pas s’il aurait fait le poids, si l’homme devant lui aurait été quelqu’un de totalement différent, il voyait ses mains trembler d’une terreur apparente. Était-ce la le résultat d’une mort quasi certaine qui s’était éprise de lui ou le simple effroi causé par une colère dont il ne se connaissait pas encore le propriétaire? C’était à se demander si l’esprit de l’hiver ne s’était pas perdu en ces lieux étrangers. Est-ce que ce monde sans magie avait fait renaître en lui des sentiments qu’il croyait à jamais perdu? Jack plissait des sourcils en se disant que même s’il aurait eu l’occasion lors de la bataille finale il n’aurait jamais eu le courage de tuer noirceur (ni la force, puisque la peur ne pouvait être vaincue complètement). Pourquoi alors, se demandait-il en fixant sa main qui tremblait comme une feuille, avait-il eu cette envie soudaine de tuer Pitch? N’était-ce pas là la pensée qu’aurait eu un homme voulant parvenir à ses fins? Jack, à cet instant, eu peur de lui-même ainsi que de ce monde qui faisait naître en lui des sentiments dont l’homme de la lune ne serait pas fier.

Son regard azuré revint alors sur l’homme de la forêt. Il semblait vulnérable vue de loin, comme si une fragilité apparente émanait de son être en laissant une brume derrière chaque pas, ses vêtements n’étaient pas non plus appropriés à la température ambiante. Alors que l’adolescent accordait un regard anxieux vers le ciel, s’attendant d’y percevoir le moindre signe, il ne fut rejoint que par des nuages qui recouvraient le peu d’étoile visible. La nuit ne devint que noirceur, qu’une obscurité inquiétante, ce qui n’allait certainement pas aider l’esprit à se sentir en confiance. Soit, se dit-il, cet homme avait besoin d’aide et il n’allait pas l’ignorer pour des présages qu’il ne savait même pas distinguer. C’est vrai, quand on y pense, depuis quand le célèbre Jack Frost était-il devenu un devin? La réponse était bien sûr évidente, il ne servait à rien d’y répondre ni ici ni maintenant. Il soupirait doucement avant de retirer le pull qu’il avait sur le dos, ne restant qu’avec son t-shirt blanc pour recouvrir son torse, espérant que se serait assez pour aider l’inconnu. Il s’approchait doucement, sur le côté droit de l’homme, pesant chaque mot qu’il allait dire quand l’heure viendrait. Sans comprendre pourquoi, une certaine nervosité s’était présentée dans le creux de son ventre, mais il balayait toute appréhension sur l’incident précédent. Après tout il ne devrait jamais oublier l’instant même où Jack Frost avait perdu espoir en lui-même, se résultant en sa quasi mort dans ce monde lointain.

« Tu es perdu? » dit-il simplement d’une voix hésitante dans la direction de l’étranger. « Il fait froid…je peux te donner mon pull. » sur ces mots il montrait le hoodie d’un bleu distinctif à l’homme, dans un geste de don, ne sachant trop s’il voulait réellement qu’il le prenne. Quelque chose clochait, mais ça Jack ne le saurait pas, pas avant un très long moment.



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Pitch Black
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MessageSujet: Re: maybe we're just the shadow of a tale from years ago| Pitch&Jack Ven 17 Aoû - 23:35

It's so cold in the dark

Maybe we're just the shadow of a tale from years ago



En plus de se remémorer en nostalgie déconcertante les sensations accompagnant la possession d'un corps de chair, l'esprit continuait à percevoir le même bourdonnement émotionnel dans son cerveau. Depuis qu'il avait calmé un tant soit peu ses réactions, il lui était plus aisé pour lui d'analyser la panique ressentie d'une source extérieure qu'il avait su capter un peu avant son arrivée sur la terre froide. Aussi tentante que soit cette familiarité dévoilant la faiblesse d'autrui, sa concentration devait être préservée pour s'adapter au climat et à sa nouvelle faiblesse. Ce corps pouvait être meurtri et blesser de façon permanente sans que ce ne soit l'unique œuvre d'un mauvais souvenir. Lui qui avait cherché un refuge par crainte, le voilà qui devrait faire preuve d'une prudence plus soignée, inconnu des effets de ce nouveau subterfuge. Une ruse fut sa conclusion, la punition d'une naïveté erronée l'ayant emmené à se laisser guider par une porte baignant dans la magie de son persécuteur principal. C'est momentanément plus agacé que vulnérable que Pitch entreprît une plus grande agitation de ses bras dans un réflexe servant à faire coulé la noirceur sur sa peau qui ne manquait jamais d'anéantir toute lueur lunaire s'y reflétant auparavant.

Il était ardu de distinguer sa magie des ombres naturelles de la nuit, les nuages recouvrant le ciel avec moins d'effort qu'il ne lui en fallait pour lutter contre la lumière. Toutefois, il n'eut aucun doute quant au fait qu'il y avait bien un mouvement parmi ses ténèbres qui soulagea grandement l'être perdu. Cela fut suivi par un pic de peur si pur et intense que l'empathe crut un instant qu'il s'agissait d'une émotion lui appartenant. Cette émotion lui coupa presque le souffle, ses nerfs étant déjà à vif et mis à dure épreuve auparavant, alors qu'un arrière-gout de colère se glissait dans le fond de sa gorge au moment où Pitch tournait son regard vers la source de cette brusque montée d'énergie. L'obscurité n'était pas un obstacle à son observation, la tension revint immédiatement à la seule esquisse de cette forme reconnaissable instantanément: Frost. Un déni se mêla au choc qui frissonna de ses orteils à ses oreilles, les yeux grands ouverts par la réalisation, car son ennemi se trouvait devant lui, apeuré, confus, la colère vibrant dans un grognement qui ne voulait que se faire entendre. L'envie d'attaquer lui agrippait les os, le désir démangeait sa peau à travers sa chair affectée par le froid mordant qui le narguait face à son utilisateur. Cependant, plus impulsif que sa rage d'attaquer fut un réflexe protecteur de recul. Sans son accord, ses jambes bougèrent de deux de pas, s'éloignant de la source d'hostilité qu'il avait voulu fuir tandis que ses sens cherchèrent les autres calamités de son existence, mais ils étaient seuls.

L'animosité retomba d'un seul souffle, le déséquilibrant à cause de la fluctuation trop brève et successive d'émotions. Ce gamin le déroutait sans considération pour toute l'épreuve qu'il venait de traverser. Pourquoi ne l'attaquait-il pas simplement? Pourquoi lui même restait-il si soigneusement sur place, le regard ne quittant jamais la silhouette ingrate qui n'avait pas hésité à refuser son alliance au profil des autres gardiens condescendants. Patience, fascination, incertitude, épuisement, quel que soit la justification, Pitch était trop vivant pour s'offrir le luxe d'être imprudent et garda ses distances envers son ennemi qui jetait un regard las vers le ciel. Communiquait-il maintenant avec l'homme lunaire? À cette pensée, sa tête se leva aussi légèrement vers le haut alors qu'il observait à nouveau l'obscurité froide qui recouvrait l'astre maudit. Puis, du mouvement se fit de nouveau, presque simultanément alors que le ténébreux fixa l'action de Jack Frost, l'éternel adolescent se dévêtir en sa direction sous le regard sceptique de son opposant. Ensuite, de la voix la moins agressive qu'il ait entendue par quelqu'un s'adressant à lui depuis des années, celui-ci le questionna avec hésitation, ce qui ne fit que confondre l'ainé. Peut-être que le garçon avait compris que l'être obscur n'avait eu aucune intention de le croisé par ici, déduisant qu'il était perdu, mais pourquoi un tel manque d'hostilité? Où était cette préoccupation lorsque sa nouvelle amie à plume l'avait attaqué par pure mesquinerie?

Ce fut alors au tour du roi des cauchemars de déduire enfin la situation lorsque ses dents commencèrent à claquer du froid. Si le manipulateur de la glace n'agissait pas en ennemi envers lui, c'était simplement parce qu'il ne l'avait pas reconnu dans cette forme mortelle. En toute honnêteté, l'esprit n'avait absolument aucune idée des facettes de son visage, mais il pouvait déjà constaté que l'adolescent lui semblait plus grand, plus grand que sa nouvelle chaire et plus habile dans ces gestes. Toutefois, quoi qu'il soit arrivé aux pouvoirs de Pitch, l'autre gardien semblait toujours dans son élément, lui offrant le morceau de vêtement qu'il avait retiré préalablement, s'inquiétant pour le corps gelant d'une personne qu'il devinait être perdu. Tactiquement, la connaissance de leur identité fournissait un avantage dans leur combat sans fin, mais il ne possédait que cette mince opportunité pour le moment. L'esprit avait assez d'intelligence et d'expérience pour savoir qu'une attaque-surprise n'avait que peu d'espoir de réussite, ce qu'il était trop prudent pour tenté dans sa situation. Ce fut donc avec son intérêt à cœur que l'homme pensa plus à ses membres frigorifié qu'à l'adversité qui les définissait désormais. Décroisant un des bras qu'il avait rapprochés le plus possible de lui pour conserver sa chaleur initiale, le ténébreux agrippa le vêtement, crispant ses doigts raides dans le tissu avant de le ramener brusquement vers lui, évitant toute tentative qui pourrait être faite pour le retenir ou le reprendre. Sans aucune résistance de sa part, Pitch pu voir son donateur reculer de quelque pas du coin de l'œil tandis qu'il mettait sa concentration sur le haut désormais en sa possession, suffisamment confiant envers l'honneur du héros pour ne pas l'avoir utiliser comme un piège, mais surtout doutant sérieusement que l'autre soit un acteur assez doué pour le confondre par delà son don empathique.

La texture était douce, plus confortable que ses haillons et beaucoup moins terne dans sa couleur. L'hésitation du garçon dura qu'une fraction de seconde avant qu'un coup de vent lui donne la nécessité de l'enfiler le plus vite possible. Un malaise s'installa ensuite dans son estomac, conscient qu'il devait maintenant interagir plus amplement avec celui qui croyait l'avoir aidé alors qu'en réalité Frost le mettait au pied du mur avec sa présence. Soit, il devait maintenant s'accommoder d'être incognito dans son identité et exploiter le plus possible ce que lui offrait son anonymat et son esthétique qu'il devinait pitoyable comparé à ses standards habituels. Metteur en scène prodige, le manipulateur des cauchemars devait désormais jouer un rôle plus passif, un appât pour la naïveté et la confiance du héros jusqu'à ce qu'il puisse agir avec aisance à nouveau. Un décompte mental se fit  dans sa tête avant que son regard se fixe sur le frêle garçon qui avait enfin appris l'invention qu'étaient les chaussures.

-Dans quel royaume sommes-nous exactement?

Chaque syllabe fut ressentie par une protestation de sa gorge, une toux tentant de s'infiltrer à l'extérieur du muscle irrité. Décevant qu'une action banale comme prononcer une phrase puisse lui apporter un tel mécontentement. Une voix nouvelle et pourtant maltraitée avait été entendue par ses oreilles glacées, le temps froid réussissait à lui nuire sans même en avoir reçu l'ordre. L'acharnement contre sa personne restait donc sans faille et l'abandon semblait être une option si belle. Son plan contre les gardiens avaient non seulement échoué, mais c'était retourné contre lui, le hantant pendant un temps indéfini sans qu'il ne soit en mesure de vaincre sa propre défaite, puis ses efforts ont été mise dans l'espoir d'un refuge l'ayant transporté dans un lieu inconnu le dépossédant de la majorité de sa force et lui obligeant une prison d'os et de fragilité devant son ennemi. Que devait-il faire? Que pouvait-il faire? Détournant les yeux, son regard ayant perdu la méfiance et la colère qu'il avait voulu transmettre pour être remplacé par la douleur et l'injustice qu'il éprouvait. Un soubresaut le prit, rire méprisant envers lui-même alors qu'il se confirmait à lui-même qu'il ne fasse plus jamais peur à personne dans son état et que pourtant, il ne puisse jamais disparaitre complètement. C'était donc cela son passé, son présent et son futur, errer parmi les bienheureux était traversé sans hésitation par des gens l'ignorant et cessant d'être solide au point où il deviendrait assez fou pour douter de sa propre existence. Il n'y avait plus aucune peur auquel se raccrocher, ni la leur, ni la sienne, juste une fatalité lui faisant se creuser ses doigts dans ses cotes trop fragiles et une perte d'orgueil lui faisant avoué la triste vérité.  

-Je n'ai nul part où allé.






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Jack Frost
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MessageSujet: Re: maybe we're just the shadow of a tale from years ago| Pitch&Jack Dim 19 Aoû - 5:33

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maybe we're just the shadow of a tale from years ago

Mars 2013;

Une nuit sans lune n’était décidément pas en faveur de notre esprit moqueur. Les yeux bleus de Jack fixaient l’absence de luminosité avec une inquiétude palpable. Il gloussait sans aucune douceur, respirant la peur, tandis que son corps commençait doucement à ressentir le froid. Ce n’était rien de dramatique, il n’allait pas non plus attraper une crève, mais il n’en était pas non plus très loin désormais. Plus les jours avançaient plus la mort le prenait par la main, marchant avec lui directement située dans son ombre, ne le quittant pas une seule seconde des yeux. Elle semblait attendre le bon moment pour reprendre ce qui lui était longuement du. L’âme de Jack Frost aurait dû être sienne des siècles auparavant et sa patience ne faisait que se raccourcir avec les jours qui passaient doucement dans ce monde. Il sentait bien la froideur de son toucher sur sa peau vulnérable. Il ressentait son souffle chaleureux qui l’invitait à la rejoindre avec une douceur qui lui était propre. La mort n’était pas son ennemi, elle était une amie qui attendait son retour au bercail, pleurant chaque nuit qui les séparaient un de l’autre. Jack ne comptait pourtant pas partir sans un combat acharné, car si l’homme de la lune l’avait choisi ce n’était certainement pas parce qu’il était apte à baisser les bras. Au contraire, l’esprit ne comptait pas partir sans avoir épuisé jusqu’à sa toute dernière force, se battant becs et ongles contre le charme de sa vieille amie. Alors lorsque la lune ne laissait pas entrevoir sa douce lumière le frisson qui parcourait sa colonne lui rappelait sa vulnérabilité. L’adolescent se demandait à quel point il était faible sans l’aide de l’homme de la lune, sans personne pour réellement croire en lui. Pouvait-il encore utiliser ses pouvoirs? À cette question il relevait sa main et se concentrait sur celle-ci. Rapidement des petits cristaux vinrent se former sur le bout de ses doigts avant de devenir des flocons de neiges. Un soupire de soulagement se fit entendre alors qu’il se rassurait à cette bonne nouvelle. Son attention fût pourtant vite reportée vers un étranger dans les bois. Une inquiétude vint naitre et mourir en lui très brusquement. Pendant une seconde son souffle s’était arrêté, il se noyait presque une deuxième fois, pensant que Noirceur venait d’arriver en ville. À son plus grand soulagement ce n’était qu’un jeune adulte qui semblait perdu au milieu de nulle part. Il faut admettre qu’ils étaient effectivement au milieu de la forêt, entouré d’un décor sinistre, bercé par le silence qui les entouraient froidement. Seul le vent et le craquement des branches venait rejoindre les deux hommes. Bonne nouvelle ou pas, ça ils ne le sauraient que plus tard.

Avec une petite hésitation Frost offrit son nouveau vêtement à l’homme qui semblait simplement frigorifié. C’était une nuit froide, une des plus froides de ce mois de Mars, mais rien qui n’égalait les nuits de Janvier. Ça n’empêchait pas Jack de penser à un autre avant lui-même puisque de toute façon il serait le dernier dans cette ville à mourir de froid. L’homme devant lui semblait un peu désemparé par sa présence. Il lui semblait pensif, comme s’il calculait ses gestes, mais rien qui ne sorte de l’ordinaire. Jack pouvait amplement comprendre sa réaction face à un étranger. Lui-même se serait demandé s’il s’agissait enfaite d’un piège s’ils auraient inversé les rôles. Voilà pourquoi il n’en fit pas de cas, laissant couler cette réaction, tandis que le brun prenait le vêtement offert alors que le vent venait souffler dans leur direction. L’esprit d’hiver se reculait d’un ou trois pas, il n’aurait pu vous dire exactement puisqu’il agissait en instinct, ne voulant pas provoquer de réaction chez le nouvel arrivant. Jack n’était pas là pour se battre, pas ce soir, pas après ce qui venait tout juste de se passer. Il n’était pas prêt mentalement et ne désirait pas paraitre agressif non plus. Il devait comprendre pourquoi son corps lui provoquait autant de réaction négatives ces temps-ci avant d’agir sur ceux-ci. Cette ville était assurément entrain de le rendre complètement cinglé et il ne pouvait rien faire d’autre que d’être spectateur de sa propre pièce de théâtre. Le brun devant lui fini par poser une simple question qui vint réveiller l’esprit de ses pensées perturbantes. Il haussait un sourcil, comprenant rapidement que sa nouvelle connaissance venait décidément du monde des contes, car qui d’autres demanderait spécifiquement le royaume dans lequel ils se trouvaient.

« Tristement, je ne connais pas la véritable réponse. » murmurait-il presque en expirant l’air frais de ses poumons. Sa respiration était encore quelque peu saccadée par l’eau qui y avait été errante quelques temps plutôt, mais il tentait aussi bien que mal de ne rien laisser paraitre. Une certaine hésitation était encore présente dans sa voix, on aurait presque dit une crainte, mais c’était surtout une incertitude qui le prenait par la gorge. « Ils surnomment ce lieu le monde sans magie. Nous sommes dans la ville de Storybrooke, dans le Maine des États-Unis. C’est tout ce que je sais. »

Jack remarquait une certaine douleur chez l’homme qui lui fit baisser son regard au sol. Peut-être n’était-il pas le seul à avoir souffert ce soir? Serait-il égoïste pour l’esprit de penser être le seul au monde à avoir passé tout près de la mort un instant plutôt? Bien sûr que la réponse n’était pas pour plaire à Frost, lui qui était par moment un pur égoïste, mais devant lui était la preuve même qu’il n’était pas seul. La démarche et le regard de ce jeune adulte lui faisait bien douter du moins. Il restait pourtant de marbre, vide d’émotions physique, ne ressentant qu’une certaine mélancolie incompréhensible. Il n’aurait pu vous expliquer pourquoi et ce même si vous l’aviez placé sous torture. Quelque chose le poussait vers cet homme, quelque chose voulait qu’ils s’entraident tous les deux, mais ça Frost ne le déchiffrait pas. Il était simplement là à attendre le prochain geste, la prochaine parole, doutant qu’il ait la permission d’enchaîner encore des mots. Il en avait assez fait, assez dit, ce n’était pas sa place ni son droit de répondre aux questions. Il savait à peine où ils étaient, n’ayant suivit que les murmures en ville, n’ayant jamais cherché à en savoir plus qu’il n’en fallait. Il en savait assez à son avis pour vouloir partir et c’était tout ce qui comptait à ses yeux. La fragile vérité vint déranger ses pensées et il relevait le regard une nouvelle fois vers l’homme. Son affirmation le laissait, lors de quelques secondes, silencieux. Il ne savait trop s’il devait le diriger en ville ou l’aider encore un peu pour une soirée. Était-ce une bonne idée de se diriger encore dans une nouvelle direction? Après tout ce n’était pas comme si les légendes allaient apparaître ce soir, il y avait maintenant trois mois que Jack les cherchait et il se doutait bien que ce soir n’allait pas être différent des autres. Un soupire ce fit entendre, mais ce n’était pas du désespoir, plus une fatigue courante qui prenait l’esprit d’hiver par la nuque. Il hésitait, mais à quoi bon résister, ce n’est pas une bonne action qui allait lui faire perdre de vue sa mission ultime.

« Je n’ai pas grand-chose à offrir, mais ma maison est un peu plus loin de la ville, si tu viens tout juste d’arriver ça te permettra de te reposer. » dit-il en plongeant son regard dans les yeux marrons de l’homme devant lui. « Si tu es d’accord, bien sûr, je serai ravi de t’accueillir quelques nuits. » Une modeste offre, simple, dépourvu de mauvaise volonté. Voilà qui était désormais un geste étranger pour l’adolescent qui n’avait performé d’acte généreux depuis son arrivée. Quelque part ça lui faisait étrange d’être à nouveau gentil, à nouveau un gardien, lui qui avait été égoïste depuis la totalité de son voyage. Pourtant, quelque chose en lui indiquait le bon chemin à prendre, comme une conscience longtemps endormi qui venait tout juste d’ouvrir ses yeux.


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MessageSujet: Re: maybe we're just the shadow of a tale from years ago| Pitch&Jack Lun 20 Aoû - 17:02

It's so cold in the dark

Maybe we're just the shadow of a tale from years ago



La tempête dans son esprit restait en dichotomie avec le temps calme de la forêt enneigée. Pourtant, le froid ressentit dans ses anciens os lui donnait l'impression que la magie de Frost était à l'œuvre, s'infiltrant dans sa faiblesse comme un poison fourbe  transmit par la seule force de l'acharnement que l'univers mettait en place pour lui nuire. Le ténébreux doutait qu'il s'agisse d'un acte conscient de la part du gardien, la subtilité n'étant pas un trait d'esprit qu'il lui accordait, mais les frissons ravageant son corps rendaient ardu sa décision de rester non hostile. Son regard quitta le sol à la bribe d'une réponse, comme si regardé la direction du son pouvait l'aider à entendre se que ses oreilles engourdies devaient percevoir.  Lorsque l'adolescent avoua ne pas avoir la connaissance requise, son seul geste d'impatience fut d'agripper l'intérieur des manches trop longues qui lui accordait la seule protection contre les intempéries. Le maigre confort que l'objet lui accordait surpassa le dégoût qu'aurait pu normalement éprouver le cauchemardesque à l'idée de se vêtir d'un morceau préalablement utilisé par l'esprit vagabond. Ses doigts continuèrent à se mouvoir sur le tissu alors que la seconde phrase choqua temporairement Pitch. Le Maine, Storybrooke, la localisation exacte n'avaient absolument aucune importance alors que les mots « sans magie » résonnaient dans l'effroi créer par cette nouvelle.

C'était impossible. Cette affirmation n'était pas seulement un déni de sa part, mais aussi la plus exacte vérité. Pitch avait utilisé sa noirceur quelques secondes avant l'approche de Jack, il avait pu ressentir les émotions d'une autre personne et il était toujours très ancré dans l'idée que le froid était aggravé par la présence du farceur. C'était un surnom, une absurdité, peut-être que la magie était différente, plus instable et laborieuse à gérer comme il lui serait désormais plus efforçant de respirer en montagne que sur la terre ferme. Cependant, ce monde ne pouvait pas être sans magie, sans elle il n'aurait aucune sensation du froid parce que son cadavre serait la seule conclusion à son voyage. La magie était ce qui le maintenait vivant, ce qui l'avait déchiré à la mort des siècles auparavant. Certes, sans réponse explicite de l'homme lunaire il ne s'agissait que de fait accordé par son instinct, mais le manipulateur de la neige ici présent avait été un rescapé décédé connu et il se tenait pourtant sainement à quelques pas. C'est absurde. Le pauvre Frost devait encore être laissé de côté sur la véritable situation, faisant confiance trop facilement à tout ce qu'on voulait bien lui dire et ne cherchait pas à réfléchir, un suiveur et non un investigateur.

L'atmosphère silencieuse suintait le malaise des deux garçons, le regard de Jack fuyant vers le sol blanc alors que le brun observait ses réactions, tenant à distance sa perception des émotions pour ne pas se laisser emporter par la vague d'apitoiement de l'autre. L'hésitation était presque palpable, les deux ne sachant exactement réagir face à un autre être vivant, le blond n'ayant aucune expérience quant au fait d'être visible et Pitch étant prudent avec la connaissance qu'il s'agissait de son ennemi. La tension exacerbait ses nerfs déjà mis à rude épreuve tandis que la lenteur de l'interaction l'agaçait par son incertitude. La patience et l'attente étaient un processus qu'il employait, mais l'ennui de l'inaction le poussa presque à révéler son identité pour que les rôles soient établis et qu'ils puissent juste atteindre un compromis. Être à la merci d'autrui provoquait en l'esprit une répulsion viscérale, un sentiment accompagné avec la mémoire de ces nuits regardant l'astre argenté en attende d'un mot, d'une vision, d'un souvenir, d'une inquiétude. Cette préoccupation ne vint jamais, ne laissant la place qu'à une solitude creusant dans ses idées noires, faisant place à la rancœur tandis que l'espérance était déchirée par les griffes avides de l'abandon. Il y eut de la colère lorsque Pitch avait remarqué les similitudes entre lui et le jeune chaotique et que celui-ci le rejeta, car il avait été sincère lorsqu'il avait proposé au garçon de ne plus jamais laisser le monde les oublier. Maintenant, l'esprit du froid l'observait de nouveau sans voir leur passé, ni les préjugés de ses nouveaux amis, sans qu'il n'y ait un combat actif précipitant les décisions pour les rendre uniquement impulsifs. Ce que lui offrait l'être inexpérimenté fut une invitation vers sa demeure, une amélioration du point de vue de la noirceur qui n'avait croyait pas avoir ouï-dire d'un repère pour le jeune gardien qui vagabondait plutôt à l'envie de son vent.  

Pitch du littéralement mordre sa réponse impulsive, son réflexe étant d'être irrité par une telle proposition atteignant sa fierté, le mettant dans une position de pitié, ne voulant pas paraître comme s'il avait besoin d'être secouru par quelqu'un qui se croyait charitable alors qu'il était la source de ses malheurs. Sans lui, il ne serait pas dans cet enfer de glace à la magie déroutante dans un corps lui rappelant toutes les inquiétudes de la mort, il n'aurait pas été torturé par ses cauchemars corrompus alors qu'il disparaissait une nouvelle fois dans les méandres de l'oubli. Sans ce rejeton ceux l'ayant laissé pour mort auraient enfin subi le karma qu'ils méritaient, connus la déchéance pendant plus de quelques heures, rampant dans l'indignation et l'incompréhension de leur faiblesse. Le vilain de leurs histoires devrait être en colère et il l'était, mais plus que tout, il y avait ce lien qui s'établissait entre eux grâce à cette compréhension mutuelle de la douleur qui était si forte qu'elle englobait sa rage pour ne laisser qu'une triste émue. Après être passé si près de la mort, après l'avoir ressenti si fortement que le simple fait de vivre faisait mal en étant étranger, l'homme plus petit ne put que hocher la tête signifiant son accord et reportant tous ses projets de rancœur à un autre jour. Le manipulateur des ombres clarifia verbalement sa réponse par la suite, sa voix toujours aussi gutturale que précédemment.

-Je te suis.

Il s'agissait d'un vote de confiance qu'il n'aurait jamais cru pouvoir réalisé un jour. En fait, il était plus question de risque que de croyance, le maître de l'hiver n'ayant encore rien effectué pour gagner sa loyauté de quelques façons que ce soit. Il lui fallait jouer son coup, oser commettre un acte improbable pour acquérir des résultats différents. Peut-être sa solution se trouvait-elle dans une ruse plus traîtresse, étant celui gagnant la confiance des héros pour exploiter leur stratégie, comprendre comment le simple fait d'œuvre plus le « plus grand bien » leur garantissait la victoire finale. Cela ne pouvait certainement pas être une question de volonté ou d'acharnement puisque ses qualités lui correspondaient sur mesure alors que plusieurs n'étaient que des êtres capricieux à ce qui ne concernait pas leur art. Pourtant, ces bouffons n'avaient sans doute jamais même remis en question la légitimité de leur don, se complaisant du plan de travail de leur supérieur sans se soucier d'autres choses que de leur précieuse charge enfantine. Maintenant, il ne restait qu'à savoir si Jack Frost était le seul gardien de ce lieu et son niveau de menace, le malveillant refusant de sous-estimer à nouveau le plus jeune qui avait un talent brut et de l'entêtement pour pallier son inexpérience. Il lui faudrait user d'un peu de finesse pour avoir la réponse à cette question puisqu'il ne pouvait pas directement s'enquérir de cette information sans dévoiler sa propre identité.

-Pourquoi est-ce surnommé le monde sans magie? Est-ce une interdiction?  

Ce serait la première ligne de question du nouveau venu pendant leur marche vers la demeure de l'hivernal. Cela ne serait indubitablement pas suffisant pour établir une stratégie concrète, mais une vision d'ensemble valait mieux que rien du tout et Pitch aurait amplement le temps de chercher de lui-même les détails les plus essentiels pour organiser sa défense. La priorité reste et restera toujours sa survie.






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MessageSujet: Re: maybe we're just the shadow of a tale from years ago| Pitch&Jack Mer 22 Aoû - 23:07

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maybe we're just the shadow of a tale from years ago

Mars 2013;

La tension entre les deux hommes était palpable quoi qu’heureusement invisible. Si elle avait eu une forme elle aurait été une lame à double tranchant dont l’esprit présentait la poignée à l’étranger tout en tenant la lame dans sa main. Malgré l’inconfort de cette situation, l’adolescent ne pouvait s’empêcher de vouloir aider cet homme qui était tout simplement perdu dans un royaume nouveau. Aux vues de sa réaction, aussi minime soit-elle, il ne s’attendait décidément pas à être ici et maintenant. Frost pouvait mieux le comprendre qu’il n’aurait pu l’expliquer. Il avait lui-même sauté à pied joint dans un portail ne lui étant pas destiné, invisible aux yeux de tous, dans l’unique but d’accomplir son devoir. Vous croyez qu’en arrivant en ville ce fut une partie de plaisir pour lui? Il était atterri dans un monde nouveau, son corps s’était soudainement matérialisé sans lui donner un avertissement préalable, il s’était retrouvé à devoir apprendre à contrôler ses mouvements à nouveau. Il se souvenait très bien sa première course à obstacle, s’enfuyant de la foule qui venait tout juste de retrouver leur monde, il se souvenait que chaque pas avait été une difficulté sans mot. Son corps était lourd, son agilité venait de se prendre une claque en pleine figure et surtout le vent n’obéissait pas à son appel afin de lui permettre de prendre son envol. Il était simplement prisonnier d’un corps physique lui étant étranger, le corps d’un autre qui n’était pas mort, mais certainement pas le sien. L’esprit de l’hiver savait très bien que sous une épaisse couche de glace, enterré sous la boue du grand lac, se trouvait son véritable corps physique depuis des siècles. Son véritable corps n’était fait que d’ossements préservé par la terre qui l’avait englouti et qu’il ne détenait plus aucune possibilité de vie. Ce nouveau corps matériel était l’effet du sort qui entourait la grande ville de Storybrooke. Cette ville détenait en quelque sorte sa propre magie, entretenant l’esprit dans sa forme physique, ne découlant pas du reste de ce monde sans magie. Quand on y pensait bien, celui qui avait créé le fameux sort noir était un génie. Rien de tout cela n’était de l’intérêt de Frost, son intérêt était plutôt envers l’homme devant lui qui semblait croiser ses bras sur lui-même, mordu par le froid qui les entouraient.

L’esprit de l’hiver proposait alors son humble demeure comme destination de quelques nuits. Modeste offre sans réelle valeur quand on connaissait l’état actuel de la chaumière dans laquelle il s’était installé. Il ne désirait qu’offrir un toit au-dessus de la tête de l’étranger ce qui serait déjà une amélioration du vide viscérale que représentait l’extérieur. Au froid qu’il faisait cette nuit-là, tout était mieux que de mourir geler entre deux ruelles, voilà pourquoi le solitaire avait offert sa compagnie. C’était une offre qui se voulait de courte durée, n’étant pas disponible éternellement, puisque de toute façon Frost comptait repartir chez lui dès que possible. Il voulait retourner là où son cœur résidait, au milieu d’une forêt dense où se trouvait un lac particulier, là où ses ossements étaient prisonniers depuis des siècles déjà. Ce monde n’était pas pour lui, désigné pour les vivants ainsi que les explorateurs avides de curiosité, ce monde avait été créer pour tuer les esprits tel que celui qui se tenait droit devant l’homme. Un monde sans magie n’avait de réelle utilité de toute manière, il n’était qu’un monde triste ainsi que vide de joie, un monde sans aucun intérêt si ce n’était que les quelques victimes malencontreuses d’une malédiction. Frost se secouait la tête, voulant reprendre un fil de pensé plus clair, sentant qu’en son être s’était développé une noirceur insaisissable. L’adolescent n’avait pas envie de se morfondre ou de ressentir une quelconque haine, mais quelque chose l’apportait constamment à ce sentiment dangereux qui s’enlaçait autour de son âme tel un serpent rencontrerait sa proie. Un soupire prit naissance en lui alors que lassement il frottait un de ses bras pour calmer les frissons qui s’étaient créés au fil de ses pensées. L’homme devant lui semblait avoir lu dans son âme même, revenant au sujet actuel, ou alors n’était-ce qu’une réponse qui s’était fait attendre. Pour tout vous admettre l’esprit solitaire n’avait aucune envie de s’enchérir sur la véritable réponse, aimant le silence qui régnait comme une sûreté qui le rassurait, sachant que de nombreux secrets ne seraient jamais dévoilés ce soir. Que penserait-on de Jack Frost si l’on savait que la haine s’était éprise de lui comme l’amante qu’il avait attendu plus d’un siècle?

Sans qu’un seul mot ne nécessite d’être prononcé Jack pris la route le menant à sa demeure décharnée. Elle n’était pas très loin, mais une bonne marche attendait tout de même les deux hommes et celle-ci s’annonçait à priori silencieuse. L’adolescent n’avait jamais été un grand bavard, préférant de loin l’observation à l’action, mais peut-être était-ce là des cicatrices de sa vie passé. Il lui arrivait encore d’oublier qu’ici il était loin d’être invisible. Les gens pouvaient non seulement le voir, le toucher, mais lui parler et il se devait de répondre. C’était un concept qui lui était encore terriblement étranger et ce même s’il aurait préférablement voulu que ce soit différent. Il préférait entendre le son de ses pas sur le sol, le doux craquement que provoquait chacun de ses mouvements alors que le gazon légèrement gelé se détruisait sous son passage, lui rappelant alors la solidité de son corps actuel. Il n’était pas non plus ce qui se faisait de plus lourd, étant mince ainsi qu’élancé, mais il avait une certaine fierté aux kilos qu’il arborait. Lors de cette longue marche Jack ne pu s’empêcher de détourner son regard vers l’étranger, l’observant avec une pupille se dilatant doucement dans la noirceur, ses yeux tentant de s’adapter afin qu’il puisse découvrir certains détails physiques qui ne lui avaient pas préalablement sautés aux yeux. Il était d’une grande stature, aussi grande que l’on puisse l’être aux côtés d’un géant, il n’était ni maigre ni musclé à l’allure que ses vêtements lui donnaient. Ses cheveux d’un brun d’ébène avaient des reflets plus noirs que doré et ses yeux sous le bon angle avaient un doux reflet qu’il n’aurait pu décrire que comme de l’or. C’était à en croire qu’un jour on avait versé les richesses du monde dans ses yeux avant de fermer la porte à clé afin que seul un unique rayon ne réussisse à apparaître à celui qui savait observer. Le bleu du pull n’était décidément pas une couleur pouvant le flatter, le rouge aurait été beaucoup plus approprié afin de bercer ses doux traits d’une lourde vie passé. Bien que l’adolescent ne désirait pas juger la vie de l’homme de par son simple physique, il devait admettre que les cernes sous ses yeux le laissait perplexe. Qu’avait-il pu vivre de si horrible qu’il n’avait pu trouver de réel sommeil depuis ce qui semblait des jours?

La voix rauque et brisé de l’inconnu vint interrompre l’observation de l’esprit d’hiver qui du se pencher sur les questions qu’on venait de lui poser. Était-ce là une interdiction? Non, pas à proprement parlé, juste un monde vide de sens dans lequel ils avaient atterrit maladroitement. Il gloussait, tenant une main sur sa nuque en continuant tout de même la route désignée. Il avait bien sûr ralentie tandis qu’il cherchait une réponse qui ne provoquerait pas une panique indésirée. Ses yeux scrutaient l’horizon de gauche à droite avec une certaine frayeur face aux mots qui viendraient bientôt naître ainsi que mourir de sa langue fourchue. Était-il réellement le mieux placé pour répondre à ces questions? Lui qui avait dû voler les bribes auprès des rumeurs et de la population locale en tendant l’oreille sournoisement.

« De ce que je sais… » débutait le garçon aux cheveux blancs avec une voix toujours aussi tremblante d’hésitation plus que palpable. « En dehors de la ville il n’y a aucune magie, elle n’existe simplement pas et nous ne pouvons pas non plus en créer. » Une longue respiration se fit entendre un peu après avant que l’adolescent ne s’arrête afin de se retourner face à face avec sa nouvelle connaissance. « À l’intérieur de la ville la magie est existante, mais très différente au niveau de la manipulation. J’ai peur de n’avoir aucune autre réponse à ce sujet. »

Il souriait doucement, d’un regard de compassion, ne sachant comment aborder le sujet autrement. Ce n’est pas comme si Jack avait obtenu une thèse entière sur la ville de Storybrooke lors de ses vagabondages, bien au contraire, il n’avait que des parcelles de réponses à une très bonne question qu’il s’était lui-même posé. Le jeune homme croisait ses bras et regardait autour d’eux. Il n’était vraiment pas sur le point d’arriver chez lui, alors pourquoi ne pas faire de plus amples connaissances?

« Au fait, je sais que nous ne serons colocataires que quelques nuits, mais ne serait-il pas plus simple d’échanger des prénoms? » dit-il avec la confiance d’un bonhomme de neige sous les tropiques. « Je m’appelle Jack. »



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MessageSujet: Re: maybe we're just the shadow of a tale from years ago| Pitch&Jack Mar 28 Aoû - 0:05

It's so cold in the dark

Maybe we're just the shadow of a tale from years ago


Le givre sous ses pieds craquait de la pression de son poids, la maladresse de ses pas instable toujours aussi présente qu'à son arrivée, la difficulté du mouvement s'accentuant avec le froid. Sa connaissance des villes en générales était assez vaste pour deviner que cette forêt ne se trouvait pas à une distance assez brève à son gout des habitations. Ne pouvant malencontreusement rien faire contre l'action de marcher, les deux esprits traversèrent lentement le terrain, les arbres et les nuages cachant toujours la majorité du ciel sans que cela n'importune la vision du ténébreux qui devait choisir entre regarder le paysage monotone et son ennemi. Celui-ci avait pris les devants, position obligatoire d'un guide, mais ses yeux bleus quittaient parfois la route pour se fixer sur le nouvel humain facilement repérable, à son avis, par la couleur teinte de son vêtement supérieur. Il y avait toujours une distance ridicule entre eux, comme deux inconnus allant vers la même direction et non deux individus voyageant ensemble vers un but commun. Cette situation était pour l'instant hors de portée du cauchemardesque puisque même s'il possédait le désir et la volonté de se rapprocher, il lui aurait été impossible d'avoir une plus grande foulée, ce corps manquant de sa grandeur d'antan. L'inconfort de ce simple déplacement était une humiliation, la marche de la honte alors qu'il se devait d'acception l'hospitalité d'un gardien l'ayant nié et vaincu auparavant. Le présent était horrible, mais le futur serait meilleur, il devrait être supérieur pour que ses efforts ne soient pas en vain.

La réponse que lui accorda l'autre énergumène de profession fut une description plus banale du fonctionnement de la magie, des connaissances maigres ou limitées par  quelqu'un ne voulant pas trop révéler. Pitch n'avait encore aucun moyen pour savoir le statut des gardiens aussi, s'ils étaient hauts en hiérarchie ou simple figurant de guerre dans cette anomalie résidentielle. Il comptait sur la chance pour que les fêtes de son monde n'existent plus ici, affaiblissant fatalement la moitié de ses adversaires et sauvegardant particulièrement ses sens des couleurs criardes et des chansons mièvres. Toutefois, l'esprit adaptait qu'en ce moment particulier, l'ambiance terne des arbres mourants et de la neige envahissante n'était pas un environnement le mettant en confiance. Les traces de pas de Jack renforçaient la chute de leur capacité, l'être d'hiver ayant toujours été trop en paix avec son élément pour l'endommager d'une telle façon. Un arrière pensé persistait entre le battement malsain dans ses tempes, murmurant agressivement qu'il vaudrait mieux retourner à travers la porte festive, qu'il avait fuie directement face à son ennemi, trahi à nouveau sans que cela ne soit une surprise. Pourtant, la logique voudrait qu'il doive préalablement savoir si Frost était le seul de leur genre ici, car rien ne prouvait encore qu'il n'y avait pas un marchand de sable profitant de son impuissance pour répandre les rêves sans encombre.

Ils étaient inconfortable, deux d'entre eux, le malaise du plus jeune l'empoissonnant de son gout aigre alors qu'il avait ses propres sentiments négatifs qu'il aurait bien voulu vivre en solitaire. Son guide regarda de chaque côté, tentant potentiellement d'identifier ses repères visuels, ce qui dépita le vilain qui redoutait que l'incompétent devant lui soit arrivé à se perdre, l'égarant aussi par association et le condamnant à passé plus de temps dans le froid. Si tel était le cas, il y aurait violence au lieu de prudence, l'endroit étant assez éloigné pour qu'il puisse avoir une cachette confortable avant que quelqu'un trouve le cadavre sauvagement battu de l'adolescent. Pitch Black n'avait plus aucune patience, tolérance, politesse ou subtilité en réserve. De ce fait, bien que les prochains mots de l'autre étaient de nature positive, il n'y avait aucune gentillesse dans le regard du brun, uniquement de l'irritation et de l'agacement poussé par une impulsivité charnelle qu'il ne possédait plus depuis des siècles. Cette fougue se manifesta d'un ton trancha, aucunement reconnaissant pour la bienveillance d'autrui, uniquement alimenté par la rancœur.

Tu as toujours eu ce nom ou je suis le seul assez privilégier pour n'avoir absolument aucun souvenir de qui j'étais?

Il n'y avait rien d'innocent dans ces propos, qu'une explosion de tempérament aussi bouillante que de la lave décréter par un cœur pourfendu par la froideur du rejet. Son souffle était plus frénétique, le progrès accompli dans les dernières minutes anéanti par l'émotion franche qu'il n'était plus assez fort pour ignorer. Il y avait encore tellement plus à dire, des accusations ayant tourmenté en boucle ses instants les plus fragiles, pourtant bien qu'en colère contre Jack Frost, la véritable haine dans son cœur n'avait qu'une seule source. Toutefois, ici et maintenant, il ne pouvait s'en prendre qu'à une seule personne, une seule cible devant récolté l'accumulation de sa rage, son regard vibrant d'une couleur surnaturelle alors que l'ombre des arbres se glorifiait même au centre de la nuit. Dans cet état, il avait si chaud et se sentait si vivant, l'énergie refaisant surface une dernière fois avant sa retombée désastreuse.

Pourquoi je m'embête même à te suivre? Aucun nom, aucune magie, aucune victoire, aucun répit.


Aucune mort possible, seulement la disparition dans la conscience des autres. Si seulement il n'y avait que ça et qu'il pouvait prendre le rôle d'un témoin invisible, mais cette ignorance s'accompagnait d'une immense faiblesse, d'un ressentiment pathétique dans chaque parcelle de son être, une torture interne dont on ne pourrait jamais conquérir, uniquement fuir en terreur.  

Tu me feras souffrir parce que tu n'es pas différent des autres. Indifférent, égoïste, gentil... samaritain ne regardant que son côté de l'histoire.


Un héros qui devra à jamais lutter avec celui qui a été désigné comme étant son ennemi. Un héros dont le mot seul lui valait la sécurité dans la gloire puisque les autres légendes l'avaient finalement accueilli dans leur grande famille et s'assurerait qu'il soit mentionné dans les contes. L'injustice apporta en Pitch une telle frustration qu'il en avait les yeux brulants et la gorge serrée, le corps remplaçant ses frissons subtils par des soubresauts brusques. Sa tête était étourdie, ses sens lui offrant leur information avec un délai assourdissant, un écho lointain n'arrivant pas à être capté complètement par ses nerfs mis à dure épreuve par le choc.

Va-t-en!


Ce n'était pas suffisant qu'il soit vaincu? Frost devait aussi assisté à sa défaite personnelle, à la réalisation qu'il n'y avait aucun endroit pour le recueillir, car il y avait toujours les marques de ses échecs. Peut-être que ce monde allait être celui l'achevant, la magie de l'homme de la lune ne serait pas suffisante et il n'y aurait plus personne pour croire en lui, lui-même inclus. Le cauchemardesque avait lutté contre la peur qui avait été sa seule amie, les chevaux de la terreur piétinant toute sa confiance passé, ne laissant dans leur poussière qu'un ancien combattant fuyant le monde où il avait auparavant pu régner. La rage persistait, mais c'est le désespoir qui l'empoignait, serrant son cœur dans sa prise de fer sans le moindre velours pour l'adoucir. Le corps vacillait, confus, la chair contenant encore les réflexes d'une autre vie alors que les genoux se pliaient, recroquevillant l'homme encore sur ses pieds, la détresse seule conductrice des émotions. Ses pensées s'entrechoquaient, les mots sortant dans un désordre sans la cohérence des sentiments et la connaissance du passé, laissant derrière elles un dernier sanglot.  

Je voulais juste vivre.




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Jack Frost
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MessageSujet: Re: maybe we're just the shadow of a tale from years ago| Pitch&Jack Lun 3 Sep - 1:21

Pitch Black &
Jack Frost

maybe we're just the shadow of a tale from years ago

Mars 2013;

Peut-être que le jeune homme avait dit un mot de trop, le mot qui fit craquer l’étranger dans ce qui lui semblait une crise de panique. L’adolescent fut pourtant en état de choc quand il entendit les paroles du brun devant lui, incertain s’il avait réellement compris ce qui venait tout juste de se dire. Se connaissaient-ils déjà? Qu’elle autre raison pourrait-il y avoir pour que l’homme devant lui prononce ces mots précis? L’esprit restait là, impassible devant son propre questionnement, son visage se torturant dans son déni. Si l’homme devant lui le connaissait, du moins assez pour savoir ce détail précis, alors il devait connaître l’homme de la lune en toute logique. Peut-être était-il un autre gardien ou une légende oubliée? La marmotte, la cigogne, il pouvait prendre plusieurs noms ainsi que plusieurs formes. Jack ne pourrait savoir la vérité avant de l’avoir demandé à voix haute, mais sa voix restait brisée à l’intérieur de sa gorge alors que l’homme continuait son plaidé. Cet étranger ne semblait même pas comprendre ce qui lui arrivait, la détresse l’enlaçant de sa main fougueuse, il était pris dans son jeu. Jack relevait un sourcil, se reculant d’un pas, alors qu’autour d’eux les ombres s’affolaient. Un gloussement se fit entendre alors que la question de l’identité lui revint en tête. Était-il Noirceur? Jack ne connaissait qu’une poignée de légende et parmi ceux-ci personne n’avait de contrôle sur l’intangible, personne sauf son vieil ennemi. Pourtant en l’épiant du regard il ne voyait aucune ressemblance entre les deux hommes. Le premier était élancé, divin dans chacun de ses mouvements, avec une démarche que Jack qualifiait de félin. Il dégageait la peur des pores mêmes de sa peau, son regard dévorant sa victime sans ne laisser aucune trace, ses mains agrippant l’âme de l’homme afin d’y insérer son règne de terreur. Le second était plus petit, plus vulnérable, avec un visage presque angélique. Il respirait une lourde peine sans nom, sa démarche était maladroite, presque comme s’il avait oublié comment manipuler son corps physique. Il était donc surprenant que les deux hommes soient présentement en comparaison. Jack savait que peu importe où était Noirceur, il n’était pas devant lui, il savait mieux que de se montrer vulnérable en face de Frost. Son ennemi était un être intelligent, un fin manipulateur, mais surtout une victime de sa propre peur. Il n’y avait aucune chance qu’il puisse avoir pris la poudre d’escampette et encore moins s’être rendu dans cette ville. Noirceur ne viendrait jamais dans le seul royaume où il se retrouverait impuissant, selon Jack tout de moins, il ne permettrait jamais à quiconque de le voir dans un état aussi…mortel. L’homme se pliait dans sa douleur, dans sa peine ainsi que dans sa colère. Ses mots se faisaient plus crue, plus près de ses réelles pensées et l’esprit solitaire ne pouvait se resigner à l’abandonner au milieu de la forêt. Il semblerait qu’il a déjà souffert aux mains des autres gardiens ou alors ne serait-ce qu’au main d’un individu l’ayant torturé. Quoi qu’il en soit cet homme avait subit milles et une horreur, Jack n’avait pas besoin de mettre de mots sur cette pensée pour se rapprocher d’un pas vers lui.

La rage ainsi que le désespoir n’étaient pas des émotions étrangères à Jack. Après plus de trois siècles il avait appris à les reconnaitre. L’esprit de l’hiver ne nécessitait pas des pouvoirs d’empathique pour des sentiments qui l’avaient noyé pendant plus longtemps qu’il n’oserait l’admettre à haute voix. Il savait ce que c’était que d’être confus, seul, perdu au milieu de nulle part. Il avait été dans les mêmes chaussures que l’étranger, la même position déstabilisante et ce à peine quelques mois plus tôt. Le plaidoyer se finissait sur une voix saccadée, une peine inavouée, une tristesse sympathisante. Si Frost ignorait qui était en vérité l’étranger, il savait que les deux partageaient le même bourreau de solitude, la survie. C’était le stade typique dans lequel se retrouvaient toutes les légendes tant qu’ils ne faisaient pas partie du fanclub officiel des gardiens de l’enfance. Une vie sans la vivre, certains plus inconnus que d’autres, certains connaissant des heures de gloire pour une durée limitée. Il y a de cela très longtemps, la rumeur voulait qu’un ancien gardien avait été démonté, sa fête n’étant plus assez importante pour qu’il garde le rôle. Les murmures disaient qu’il avait pris la nouvelle très difficilement, disparaissant d’abord du regard des enfants avant de devenir désespéré pour de l’attention. L’homme de la lune lui avait pourtant tourné le dos, plus aucun rayon lunaire ne venait réchauffer son corps, constamment dans la noirceur la plus totale. La légende finie par disparaître d’une lenteur qui fut une véritable torture, morceau par morceau, comprenant chaque jour que la fin était proche sans jamais ne pouvoir achever sa vie pour cesser cette torture. L’autre côté de la médaille comme le surnommait Frost. Le seul à avoir survécu à l’ombre de l’homme de la lune, à ce jour, fut Noirceur. On ne vainc pas la peur, jamais, mais Jack s’imaginait que l’on pouvait le rendre fou. Cette bataille pleine de désespoir ne l’avait pas laissé sans mot, car s’il s’était gagné une place de choix auprès des gardiens, il s’était aussi gagné une place de choix dans l’ombre de la lune. Un seul faux geste et il lui tournerait le dos. Alors la mort la plus douloureuse serait sienne, car si avant il survivait, l’esprit savait très bien qu’il ne pourrait pas résister longtemps dans une nouvelle solitude. Alors il s’approchait d’un nouveau pas, se penchant doucement pour arriver à la même hauteur et contre ses plus grands instincts il déposait une main sur son épaule.

« Je ne sais pas mon véritable nom. Je ne l’ai jamais su, car celui qui m’a créé n’en voyait pas l’importance. Qui nous étions n’est qu’éphémère, c’est qui nous sommes désormais qui compte.» Dit-il avec le plus de douceur dont il pouvait faire preuve. Jack pris une grande respiration, fermant ses yeux pendant une seconde, se demandant comment diable il pourrait consoler l’homme devant lui. « Je ne sais pas qui tu es, mais sache que si je t’ai fait du mal j’en suis navré. J’essaie…de me rattraper sur mes actions passées.»

Cette ville, Storybrooke, offrait un renouveau à tous. Si l’esprit solitaire préférait s’isoler du reste de la ville, il avait vue de ses yeux certains personnages heureux pour la première fois de leur existence. Peut-être était-ce l’endroit où l’on recommençait à zéro, tous digne d’une rédemption, peu importe quelle action nous aurions pu poser dans une autre vie. Ouais, Jack n’y croyait pas totalement, mais il se plaisait de s’imaginer digne d’un pardon. Il n’était pas que le gentil esprit malin que les enfants s’imaginaient, vous changeriez d’idée si vous saviez pour sa phase meurtrière dans les îles de Beurk. Jokul Frosti n’était décidément pas un héros, juste des mauvaises décisions que l’adolescent avait tenté de mettre derrière lui pendant très longtemps. Un sourire vint se former sur les lèvres du blond, une compassion sympathique, la première depuis qu’il avait mis les pieds dans cette satanée ville. Qui aurait su que ça aurait pris un adulte en crise de panique pour réveiller le gardien en lui? Il prit une nouvelle respiration, le regard ancré dans celui de l’homme brisé lui faisant face, ne voulant qu’aider autant qu’il le pouvait. Il n’y avait pas une seule once de mauvaise volonté en lui, ce malgré l’égoïsme dont il faisait généralement preuve, à en croire qu’il avait été possédé à l’instant même tellement il ne pensait plus à ses propres émotions.

« Oublions cette histoire de prénom, c’est réellement sans importance, mais j’insiste pour t’aider. » dit-il d’un murmure mielleux. C’était un ton de voix que Jack réservait habituellement à ses protégés, cette voix qui se rapprochait du ronronnement d’un félin amoureux, mais aujourd’hui elle était destinée à l’homme qui la nécessitait le plus. « Je ne partirai pas. Je ne t’abandonnerai pas, je te le promets. »




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MessageSujet: Re: maybe we're just the shadow of a tale from years ago| Pitch&Jack Sam 15 Sep - 18:34

It's so cold in the dark

Maybe we're just the shadow of a tale from years ago



L'émotion le submergea, son cœur auparavant inexistant lui donnant l'impression d'avoir grandi par trois fois, cognant contre sa cage thoracique dans l'effort vain de fuir cette carcasse de souffrance. Ses poumons s'épuisaient, déchirés par des sanglots et le froid de l'air lui poignardant l'intérieur de sa gorge chaude comme s'il avalait le verre brisé de son état fragile. Ça faisait mal, toutes ses émotions qu'il avait reconnues par le passé, tel un poison dont il en avait reconnu l'odeur, étaient maintenant imprégnées dans son âme, la misère entachant des années d'évitement. Il avait passé des siècles à rechercher la peur, gravitant autour de la terreur et ignorant les autres émotions qui s'y agrippaient et dont il détournait le regard. C'était à son tour de subir la douleur alors que son dernier mur mental cédait, les larmes se déversant de son barrage à la moindre crevasse, la moindre faiblesse dans son armure. C'était trop. La seule raison pour laquelle l'étourdissement dans sa tête n'évoluait pas en inconscience consistait au fait qu'il s'agisse d'une clémence que le destin ne voulait pas lui offrir, personne n'ayant pris soin de s'inquiéter ou de compatir en son nom oublié.

L'esprit était envahi, recroquevillé contre un assaut, une vague d'émotion pure alors que son corps se débattait déjà contre la réalité de cette ville qui cherchait à l'engloutir comme des sables mouvants. En panique, son être luttait contre deux forces ennemies, priorisant une tentative de calme contre ses sentiments alors que le froid n'avait qu'une mince couche de protection à anéantir. Ses doigts étaient crispés, figé en position douloureuse par la température et la tension, sa poigne se comparant déjà à la rigidité cadavérique qu'il avait pu apercevoir pendant des siècles, ironiques puisqu'il s'agissait effectivement de son ancienne chair morte. Malgré tous ses stimulis extérieurs, l'attention de Pitch restait centrer sur lui, précisément sur le trou noir sombre et grandissant qui remplaçait son cœur qu'il avait cru se déchirer à la force de ses pulsations rapide. Alors que sa gorge rauque goûtait le sang, la voix qu'il entendait n'était que celle de ses pensées, de ses demandes sans réponses et des doutes l'ayant persécuté. En cet instant, il n'avait que le désir puéril de se coucher sous un lit, à l'abri avec le monstre y séjournant, dans la noirceur totale qui le gardait loin de la visée de ses tortionnaires, là où aucun rayon de lune ne pourrait pas l'atteindre et où il pourrait devenir son propre secret à cacher. Pourtant, il détestait tout autant cet endroit, à la vulnérabilité y étant associé, au mépris et dégoût de ceux s'y étant jamais dissimulé, à toutes ces fois où il avait du y ramper lorsqu'il était trop affaibli pour ressentir autre chose que de la honte.    

Le peu d'équilibre et de force lui restant s'écroula, ses jambes rencontrant finalement le froid de la neige après avoir subi le vent de l'hiver, mais cet autre coup porté à son corps fut à peine perçu dans la brume de son cerveau, comme une autre éraflure s'ajoutant aux portes d'une prison dont les murs étaient déjà peints du sang des oncles arrachés ayant aussi tenté de creuser pour leur liberté. Maintenant, il n'y avait plus de frissons, que des sanglots autonomes qui torturaient les poumons fragiles qui n'avaient pas le luxe de goûter l'air d'une nouvelle vie, mais subissait plutôt l'oppression de milliers de morts. C'est à cause de cette tentative de dépersonnalisons où le cognitif de Pitch tentait de fuir sa réalité au prix de sa mortalité, que le mouvement de Jack ne lui parut d'abord que comme une autre touche de neige alors qu'en vérité, le gardien posait sur lui les doigts glacés de sa fierté morte.

La blancheur de la neige était trop lumineuse pour sa vision nyctalope, la poudreuse sale de terre et pourtant si dominante dans la noirceur nocturne que les pupilles dilatées dorées ne pouvaient voir rien d'autre que cette pâleur à travers le flou des larmes jusqu'à ce qu'un blanc distinctif s'impose à sa ligne de vue léthargique. Sa respiration était saccadée, mais ne pouvait plus être confondue avec des cris de détresse tandis que le cerveau du ténébreux tentait d'apaiser son propriétaire dans le même élan le torturant. Fatigué, désorienté, brisé, Jack fut momentanément confondu avec le décor froid et incolore de la forêt. Pourtant, la voix qui s'éleva à travers le vacarme dans sa tête ne pouvait pas s'intégrer avec l'illusion de ce territoire silencieux et mortel, certains mots s'effacèrent tandis que d'autres devinrent l'écho de son malheur.

Sans véritable nom, ne jamais savoir, crée sans importance, n'être qu'éphémère... non...il ne voulait pas entendre ça, pourquoi quelqu'un lui dirait-il ça?    Monstre, erreur de la nature, les abattre.      Sa tête fait si mal et il essaie de soulager ses maux, de s'agripper la tête, mais ses mains sont geler sous forme de violence, les poings qu'il refuse de cogner sur lui-même. Devant lui, un visage familier, un ennemi parlant à travers sa panique pour l'attaquer avec ses mots, car il ne sert à rien de s'acharner sur un corps dont la mort à déjà les droits. Ses yeux s'agrandirent d'horreur, un cri d'alarme franchissant la gorge abusé alors qu'un réflexe et une volonté nouvelle ranimèrent un peu ses membres. Bras et jambes luttèrent pour s'éloigner, le regard ne quittant pas la menace encore trop près. Son subconscient nota brièvement le choc que son action provoqua dans le cœur de son ennemi et remarqua aussi le geste de recul de l'autre, la panique possédant l'esprit de Pitch était trop grande, le traumatisme du passé ayant refait surface à travers le vécu de sa chair alors que des douleurs physiques fantômes se réveillèrent grâce à la force de son cauchemar éveillé. Pour un moment, il n'était plus Pitch Black ou le Boogeyman des légendes, mais ce garçon sans nom amnésique à qui la lune avait arraché un repos mérité où la peur n'aurait été qu'un malheureux passé et non un quotidien malheureux et son avenir fataliste. Où était la fierté, où était la prestance, où était la confiance du survivaliste qui avait su dominer la terreur pour en faire son arme et amie. Plus rien. Ouvrir cette porte ne l'avait pas conduit vers un refuge, ni même un monde damné, mais directement dans la salle du jugement où la foule ne verrait qu'un mal recevant ce qu'il mérite après son règne de peur, aucune défense permise de son côté, car les monstres étaient condamnés par nature. Comment avait-il osé survivre aussi longtemps, indépendamment du fait qu'il lui était impossible de se délivrer par la mort? Comment avait-il osé se servir des pouvoirs qu'il possédait, indépendamment du fait que les autres gardiens étaient honorés pour les leurs? Comment avait-il osé chercher à se sentir bien, à avoir une identité, à vouloir revenir dans les mémoires, à craindre de disparaître... Comment osait-il être lui? Seul contre tous. Tous contre lui.

Pourquoi devait-il se justifier de vivre? Était-ce vraiment si mal? Pourquoi personne ne pouvait-il comprendre que c'était tout ce qu'il possédait? S'il ne croyait pas en lui, personne ne le ferait, s'il ne croyait pas qu'il avait des droits, personne ne lui en donnerait. Alors soit, qu'on le couronne du titre de vilain, qu'un l'écrive le méchant de l'histoire, c'était désormais l'unique moyen de posséder une quelconque reconnaissance. Mieux valait cette haine que de recevoir de l'indifférence à nouveau. C'était logique, mais pourtant, en cette seconde, dans cette minute, il préférerait disparaître pour de bon, que tout ce termine et qu'il n'est plus la vision traitre d'un homme s'élevant contre lui avec la permission du monde pour l'achever pour la cause, pour la victoire du bien. Cette vue se changea, révélant la réalité où un autre cœur se brisait avec le sien et alors que la noirceur l'accueillait à nouveau en son sein, il y eut pour une fois une compassion, une promesse qui franchit l'air et atteignit véritablement son cœur. À la merci de son ennemi, Pitch Black s'évanouit finalement après une éternité de lutte, les larmes gelées et la peau meurtries par la lueur lunaire, la mortalité de son passé fusionnant avec les tourments de son présent.    




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MessageSujet: Re: maybe we're just the shadow of a tale from years ago| Pitch&Jack Mer 19 Sep - 16:48

Pitch Black &
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maybe we're just the shadow of a tale from years ago

Mars 2013;

Jack essayait tant bien que mal de discuter avec l’homme devant lui, de faire valoir ses paroles, aussi simple soient-elles. Il le voyait, la frayeur se dessinant sur un visage torturé, cette scène avait le don de lui briser le cœur en miette. S’il avait été farouche avec les autres habitants de la ville jusque-là, la façade sauvage de l’esprit s’en pris plein la figure alors que son rôle de gardien refaisait surface. Il tentait, par un geste doux, de rassurer celui qui tombait tranquillement dans ce qui ressemblait à une crise de panique. Quoi dire? Comment faire pour que son message passe auprès d’une panique sans nom? Un soupire ce fit entendre alors que l’adolescent déposait sa main sur l’épaule de l’étranger avec une douceur incomparable. Lui-même ignorait qu’il était en ses capacités de poser un geste aussi minutieux que calculé. Son regard cyan se plongeait dans celui doré qui lui faisait face, les deux regards se croisant lors d’une seconde avant que les paroles de Frost n’envoient l’étranger dans une horreur évidente. Par reflexe le blond se reculait en même temps, son corps réagissant dans un mécanisme de défense évident, recroquevillant son corps au sol avec un genou à terre tout en protégeant ses points vitaux. Ses yeux se détachait du regard du brun, une honte passagère venant faire surface, alors qu’il croyait réellement que tout ceci lui était destiné. Un regard de terreur, une frayeur sans nom, Frost n’était certainement pas étranger à ces regards sauf qu’il n’avait absolument pas l’habitude d’en être le facteur déclenchant. Ça l’avait secoué, pris au dépourvu, il s’était croisé les bras avant de se relever en regardant partout sauf vers l’étranger. Cette nuit était froide, sans lune ni étoile, le vent soufflant dans les branches était l’unique son disponible. On entendait le doux sifflement lointain de la ville qui parcourait à l’aide du vent vers eux, mais sinon cette scène avait des allures morbides, comme s’ils n’étaient que deux morts au milieu de nulle part. Incapable de parler, incapable de bouger, uniquement apte à observer alors que des pensées défilaient à la vitesse de la lumière dans son cerveau. Ils ne bougeaient tous les deux plus jusqu’à ce que l’étranger ne tombe au sol sans aucun avertissement. Le réflexe premier de l’esprit solitaire était de partir de la scène aussi vite que possible, mais il restait là en regardant le corps évanoui, se demandant lors d’une seconde si celui devant lui allait se relever ou non. En regardant bien, en plissant ses yeux du moins, il vit que le thorax était désormais immobile de vie. Est-ce qu’il était mort? Oui ce fut la première pensée de Frost puisque l’homme devant lui n’aurait pas été le premier à mourir de froid et encore moins le premier que l’esprit intangible aurait observé sans possibilité d’agir.

« Immatériel…non. » soufflait la voix de l’adolescent dans un questionnement qui n’était pas destiné aux oreilles des autres. Puis il relevait les yeux vers le ciel, toujours aussi obscur, seules les pénombres étaient visibles ce soir alors personne n’entendrait ses prières. Jack abaissait alors la tête en fronçant des sourcils, se demandant presque comment il faisait à chaque fois pour oublier qu’il était bel et bien présent physiquement. Il n’avait plus besoin d’implorer un homme les observant du haut de sa tour qui ne venait jamais les aider. Il pouvait ainsi agir, de lui-même, par ses propres moyens. L’adolescent s’approchait lentement du corps, comme s’il ne craignait d’être sa prochaine victime. À quatre pattes au sol, il avançait une main et un pas à la fois en tendant l’oreille. Aucun bruit ne se faisait entendre, même pas celui d’une respiration si ce n’était que la sienne, alors une fois tout près il apposait ses doigts sur le cou de l’étranger. Il était vivant, il avait encore des battements de cœur, mais ceux-ci étaient irrégulier. Le résultat apparent d’un arrêt respiratoire causé par le froid, l’hypothermie, alors sans réfléchir Frost déposait ses lèvres sur le visage du brun afin de lui donner son souffle.

Si l’étranger recommençait à respirer, il ne se réveillait pas, ses doigts toujours crispés comme le seraient ceux d’un mort. Le regard du blond allait de haut en bas, se demandant presque s’il ne devrait pas le laisser là, du moins lors d’une seconde. N’était-il pas déjà condamné à mourir? Son corps était frigide, ses lèvres étaient bleues, son regard s’était déjà éteint sur ce monde et depuis leurs rencontres il lui semblait être dans une douleur immense. Jack avait promis qu’il ne l’abandonnerait pas, alors pourquoi revenir sur sa parole maintenant? Quelque chose en lui, enfoui en son fort intérieur, lui disait de se méfier de l’étranger. Mais Frost n’était pas un lâche, il n’était pas de ceux qui abandonnaient les gens, seulement il se demandait qu’elles étaient ses chances de survivre. Il n’avait sauvé, du froid du moins, qu’une personne en plus de quatre siècles. Pouvait-il donc, à ce moment précis, sauver celui-là? Il gloussait, ses yeux déposés sur la sérénité qu’affichait désormais le corps fragile de l’homme, se remémorant les mots même qu’il avait prononcé dans sa panique…Je voulais juste vivre. L’esprit de l’hiver soupirait. Qu’avait-il vécu avant d’arriver ici? Quelles souffrances avaient été sienne? Ce n’est pas en laissant son corps sur le sol qu’il obtiendrait des réponses de sa pars alors il passait une main sous sa nuque et une autre sous les hanches avant de le soulever. « On rentre à la maison… » dit-il d’une voix douce, basse, dans une intention formelle de réconforter le corps mourant qu’il portait dans ses bras. Il lui parlait comme on parlerait à un vieil ami, une vieille rencontre, quelqu’un qui avait partagé sa vie. Peut-être s’étaient-ils connus? Ce n’est pas comme si notre amnésique pourrait réellement le savoir, n’ayant eu que des fragments de souvenirs d’une vie antérieur, ayant été distant pendant les derniers siècles. Peu importe qui il était, Jack avait jeté son dévolu sur sa protection, cherchant sans cesse quoi que ce soit le rattachant à une humanité perdue. Depuis qu’il avait sauté dans le portail de la sirène, il n’avait eu l’impression que de se perdre de vue, ses plus belles qualités s’évanouissant dans l’oubli. Quelque chose ou quelqu’un voulait-il donc que les deux hommes se rencontre? À cette pensée l’esprit ressentait encore l’irritation dans sa gorge, signe qui n’avait absolument pas disparu, sensation fantomatique encore présente tant dans son aspect physique qu’imaginative. Il était un vagabond, réfléchissant au comment du pourquoi cela lui était arrivé, se demandant ce qui pouvait bien avoir provoqué cette réaction. Il ne l’avait pas oublié, même si l’étranger qu’il portait dans ses bras avait été une bonne distraction d’un moment, l’anxiété liée à la suite refit surface. Que lui arriverait-il bientôt? Était-ce là réellement la punition de l’homme de la lune face à sa lenteur d’action? La nuit sans lumière, glaciale, lui indiquait que son intuition était probablement la bonne et il redoutait la signification derrière le tout. Ses pas avançaient dans les abysses, la marche encore longue, alors qu’il ne pouvait absolument rien faire afin de réchauffer le corps mourant dans ses bras. Son énergie, son optimisme, étaient bien bas quand il arrivait enfin devant la vieille chaumière de vêtue de planche placardée aux fenêtres. Son souffle se fit court, lent, alors qu’il entrait par la porte très doucement. Le vent tournait sur lui à ce moment, ouvrant la porte arrière avec force, soufflant l’esprit vers l’extérieur. Un mauvais présage, sûrement, mais Frost ignorait son intervention pour se rendre au deuxième étage avant de déposer délicatement l’homme sur son matelas. Il le couvrit de sa seule couverture et s’éloignait de la pièce. S’il ne pouvait réchauffer les lieux, il pouvait s’assurer que la température ne baisserait trop, ce qui pourrait peut-être sauver la vie du brun. Un dernier regard fut rendu avant que Jack ne quitte la pièce, un soupire ce fit entendre, puis une voix faible venant de sa part qu’il entendit lointain tel un murmure. « Je tiendrai promesse…peu importe qui tu es ou étais. »





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