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 Juillet 2012- Entretien d'embauche [flashback] [Louise Lemire] (terminé)

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Apple Queen
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Regina Mills

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MessageSujet: Juillet 2012- Entretien d'embauche [flashback] [Louise Lemire] (terminé)   Mar 24 Jan - 14:46

Entretien d'embauche
IAndréa, l’ancienne secrétaire de Regina, avait été renvoyée par celle-ci. Enfin, il serait plus juste de dire que la jeune femme avait tout fait pour se faire virer du poste, et ce depuis la levée de la malédiction. Elle aussi avait probablement des choses à reprocher à madame le maire, comme la plupart des habitants de la ville qui avait été soustraits à leur vie du monde des contes. Cela faisait deux mois que les effets du sort noir avaient été annihilés, et Andréa avait fait tous les coups possibles et imaginables, des retards de plus en plus fréquents et outrageux, les arrivées en tenues totalement inappropriées à un travail comme celui de secrétaire du maire, une insolence à faire se dresser les cheveux sur la tête, un planning démesurément inadéquat… Même rapporter du café semblait être une tâche devenue trop compliquée. Bref, madame Mills ne la supportant plus et voulant éviter de lui arracher le cœur pour le broyer sous ses yeux, elle lui avait clairement demandé si elle voulait se faire virer. Le haussement d’épaules de l’insolente lui avaient valu un regard noir et un « Rassemblez vos affaires et partez d’ici immédiatement ! » de la part de madame le maire.

Depuis maintenant une grosse semaine que Regina se retrouvait seule à la mairie, devant répondre à tous les appels, plus les rendez-vous qu’elle se devait d’honorer, les sorties de contrôles des certains chantiers et autres tâches administratives, elle commençait à être débordée, aussi s’était-elle décidée à faire passer une annonce dans le journal afin de trouver une nouvelle secrétaire. A son grand étonnement, elle reçut une candidature. Une seule. Une toute jeune femme, française d’origine, donc absolument pas issue de la Forêt Enchantée. Que pouvait-elle bien faire à Storybrooke ? Finalement, le fait que la seule candidature au poste soit une personne extérieure à l’univers des contes n’était pas surprenant. Les habitants de Storybrooke étaient sans doute encore un peu effrayés par Regina, et probablement que peu d’entre eux étaient prêts à travailler directement pour elle. Et puis Regina était curieuse de savoir ce qu’une étrangère pouvait bien venir faire dans leur petite ville du Maine. Etait-elle dangereuse ? Il fallait en avoir le cœur net. Elle rappela donc la jeune fille, la convoquant dans son bureau à 10h précises le jeudi suivant.

Ce jour arriva à grand pas. Regina, toujours débordée, répondait au téléphone, agacée de devoir faire ce travail fastidieux alors qu’elle avait tant de dossiers à contre-signer, qu’elle devait réfléchir à certaines demandes d’autorisations pour des travaux, et le fait d’être constamment interrompue dans sa réflexion par la sonnerie du téléphone la rendait dingue. Surtout que pour la plupart, les appels étaient futiles et ne requéraient pas ses services. Les dix heures du matin arrivèrent sans que madame le maire ne s’en rende compte, affairée à lire avec attention un dossier, lorsque l’on frappa à la porte de son bureau. Elle poussa un soupir.

-Entrez ! lança-t-elle sans lever le nez.

En entendant la porte d’ouvrir, elle leva le nez des feuilles qu’elle tenait en main et eut la surprise de voir s’avancer vers elle une jeune fille, certes bien vêtue, plutôt jolie et élancée, mais dont les cheveux avaient une allure des plus étranges, surtout de par leur couleur. Regina la regarda s’avancer vers elle, les yeux ronds.

-Bonjour, vous aviez rendez-vous ?

Elle pensait avoir à faire à un habitant, qu’elle n’avait peut-être pas encore identifié par rapport à son passé, et qui avait peut-être une doléance à lui soumettre. Mais la jeune fille déclara venir pour l’entretien. Madame Mills pourtant se rappelait avoir vu une demoiselle aux cheveux blonds sur la photo du dossier de candidature, et non une espèce de licorne aux cheveux roses. Elle fit retomber bruyamment les feuilles contre son bureau et la regarda de la tête aux pieds.

-C’est une blague ? Vous êtes Mlle Lemire ? Mais… vous avez, quoi, douze ans et demi ? demanda-t-elle d’un ton sarcastique.

Il était vrai que cette étrange couleur de cheveux conférait à la demoiselle une allure assez enfantine. Malgré tout, Regina se leva et se pencha légèrement par-dessus son bureau pour lui serrer la main, laissant apparaitre un élégant ensemble de tailleur gris perle rehaussé d’un chemisier noir.

-Regina Mills, la maire de Storybrooke. Enchantée.

Elle se rassit avant d’inviter du regard son interlocutrice à en faire de même. Elle ouvrit alors le tiroir de son bureau pour en sortir le curriculum vitae et la lettre de motivation de Louise.

-Louise Lemire. Vous êtes française, c’est ça ? Qu’est-ce qui vous amène dans notre petite bourgade du Maine ?

L’idée que Storybrooke puisse être connue jusqu’en Europe avait quelque chose d’assez effrayant. Regina avait toujours tout fait pour que la ville soit la plus discrète, voire invisible. Et voilà qu’une étrangère était venue. La dernière fois que des touristes avaient débarqué, cela s’était avéré compliqué.

-Vous êtes très jeune. Avez-vous déjà travaillé dans le domaine du secrétariat ? Avez-vous une idée des qualifications de ce poste ?

Regina plongeait son regard couleur chocolat dans les yeux de son interlocutrice, afin de voir si elle était du genre à se laisser intimider ou non. Elle ne cherchait pas à l’effrayer, simplement à la sonder.




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Louise Lemire

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MessageSujet: Re: Juillet 2012- Entretien d'embauche [flashback] [Louise Lemire] (terminé)   Mar 24 Jan - 15:22



Arrivée dans une nouvelle ville n'est jamais une chose facile, qui plus est quand cette nouvelle ville est dans un autre pays à l'autre bout du monde loin de tout ce que vous avez toujours connu. Le seul point positif était que j'avais choisi de partir dans un pays anglophone, j'avais fait trois ans de licence d'anglais où les professeurs s'étaient évertués à tenter de nous enlever notre accent français. Je n'ai réussi à vraiment le perdre que lorsque mon père m'a emmenée avec lui en Australie. Une fois sur place, il a refusé catégoriquement que l'on parle français et m'a jetée avec une bande de jeunes adultes de mon âge, tout australien. Une fois sur place, il a refusé catégoriquement que l'on parle français et m'a jetée avec une bande de jeunes adultes de mon âge, tout australien. Nous sommes rentrés à la maison un mois plus tard, j'ai repris mon accent français rapidement, mais depuis j'arrive mieux à moduler ma voix pour créer les bons sons. C'est vraiment bien pratique pour ne pas se faire traiter de touriste. Généralement, les Anglais imaginent toujours les Français avec un béret et une baguette, sortir de cette image fait du bien. Je n'utilise mon accent français que lorsque je sors en boîte, les mecs te payent souvent des verres lorsqu'ils voient que tu as l'accent français « so cute ». Cute, mon œil ! Va dire « about » à la Française, on va voir si c'est toujours mignon.

J'étais arrivée à Storybrooke, il y a une semaine. Jusqu'à présent, il ne s'était rien passé de vraiment étrange. La vie semble plutôt banale, mis à part ses habitants. Je commence même à me demander si Nathan ne s'est pas un foutu de moi quand il m'a certifiée qu'il avait lu un article sur un blog où il était écrit que cette ville était apparue de nulle part et que ses habitants pratiqués la magie. Je ne croyais pas tellement au dernier morceau de l'article, mais une part de mon esprit journalistique voulait en avoir le cœur net. Et puis sérieusement, avoir un scoop comme celui-là serait du tonnerre ! Il lancerait ma carrière bien plus vite que ce que j'avais prévu ! Je vois déjà le titre de mon article « Une petite bourgade pleine de magie ». Les gens seraient obligés de se ruer dessus. Je pourrai convaincre tout le monde de le lire, autant les adeptes de science occulte que les plus sceptiques. Je rêvassais à tout cet avenir incertain en prenant un café chez Granny, le journal posé sur la table lorsque mon téléphone vibra. Ma mère ? Que me voulait-elle ? Je craignais le pire, avec les tarifs pour l'étranger, on attendait généralement de se connecter sur Skype pour pouvoir discuter tranquillement. Si elle envoyait un message, c'était forcément pour quelque chose d'urgent. Je respirai un bon coup pour me calmer et ouvris le message.

« Un petit cadeau se trouve sur ton compte en banque. On t'aime fort ma chérie. »

Qu'est-ce qu'ils avaient fait ? J'ouvris mon compte en ligne pour découvrir qu'ils y avaient ajouté de quoi confortablement me meubler. Je savais que je n'aurais jamais dû leur dire que, en attendant de trouver un boulot, je dormais sur un matelas à même le sol. Je leur avais dit que j'avais trouver un appartement hier et aujourd'hui ils ont déjà renflouer mon compte. J'ouvris mon compte en ligne pour découvrir qu'ils y avaient ajouté de quoi confortablement me meubler. Je reposais mon téléphone et mes yeux tombèrent exactement sur ce que je recherchais : du travail potable. Je parcourus rapidement l'annonce. Elle semblait faite pour moi. Secrétaire à la mairie. Une idée émergea directement dans mon esprit. La mairie était le cœur de la ville, si Storybrooke avait quelque chose à cacher, cela serait forcément enfermé dans la mairie. Je pourrais allier un travail qui me rapporte un peu d'argent avec mon travail d'investigation. En plus, ce travail ne devrait pas être trop compliqué, je veux dire, on voit rarement les gens de la mairie énormément travaillés, je devrais pouvoir m'en sortir même sans qualifications. J'envoyai ma candidature avec une lettre de motivation et un CV, on verra bien ce que ça donnera.

Juillet 2012
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Le maire me rappela pour me convoquer le jeudi suivant à 10h. Elle n'avait pas l'air franchement commode, mais elle ne me faisait pas peur. J'avais donc une semaine à tuer avant le fameux entretien. J'en profitais pour me balader en ville et refaire ma couleur, rose barbapapa avec des pointes bleus nuit, magnifique ! Storybrooke ne semblait pas être des plus intéressant, chacun vivait sa petite vie paisiblement avec un train-train quotidien aberrant. Rien d'inhabituel ne semblait jamais se passer. Le jeudi arriva avec une lenteur folle. Moi, l'hyperactive de service, j'avais du mal à me faire au rythme lent de cette ville et j'avais encore plus de mal à attendre un événement important. Généralement, il m'était facile de me poser devant la télé et de regarder une série. Sauf que sans télé et sans Internet avec un petit notebook, l'opération s'avérait bien plus compliquée. Le jour-J vint enfin. Je me préparais, robe plutôt habillée et noire jusqu'à mi-cuisse, cheveux relevés en queue-de-cheval et maquillage léger. Je n'avais pas l'habitude de me maquiller, mais c'était une bonne occasion d'après moi.

Je ne mis pas longtemps avant d'arriver devant la mairie avec une demi-heure d'avance. Je pris cinq minutes pour respirer et me poser. Je n'étais pas stressé même si sa voix n'engageait rien de bon. Tout allait rouler comme sur des roulettes, j'en étais convaincu. Je montais au premier étage, suivant les pancartes indiquant où se trouvait le bureau du mairie et frappais doucement contre la porte en vitre glacée. Une voix autoritaire me dit d'entrer. J'ouvris et refermai la porte derrière moi. J'avançai doucement, ma mère m'avait apprise que certaines personnes étaient à prendre avec des pincettes, je savais d'ors et déjà que la maire en faisait partie.

- Bonjour. Oui, je suis là pour l'entretien pour le poste de secrétaire. Louise Lemire.

Je ne savais pas trop comment me comporter. J'avais sorti mon plus bel accent anglais, mais je ne connaissais pas bien les mœurs ici. Est-ce qu'on se serrait la main ? Est-ce que je devais me rapprocher et m'asseoir ou rester à une certaine distance de sécurité ? J'optai pour l'option la plus simple : je restai planter sur place, elle finirait bien par me dire quoi faire. Je souriais timidement, elle m’intimidait. Elle me jaugea longtemps. Je ne devais pas perdre mes moyens, je suis plus forte que ça.

- Pardon ?

J'espérais avoir mal compris. En même temps, il n'y avait aucune ambiguïté, ni dans son ton ni dans ses paroles. Pourquoi douze ans et demi ? Quel était le problème ? Je passai machinalement la main dans mes longs cheveux libres. Vraiment, je ne voyais pas où était le problème. Malgré ses paroles déplacées, elle se leva et me serra la main à travers son bureau. Cette femme était très étrange... Et aussi très propre sur elle. Rien ne dépassait, tout était calculé, rien qu'à sa tenue et son allure, on voit que ce n'est pas le genre de femme qui laisse quelque chose au hasard.

- Louise Lemire. Enchantée également.

Elle me fit de m'asseoir. Je fis ça d'une manière élégante. Je détestais les robes, rien ne valait un bon jean et un tee-shirt qui te permettent de faire n'importe quel mouvement. Elle sortit mon CV et ma lettre de motivation. C'est là que je compris ce qui l'avait tellement dérangé à mon arrivée : mes cheveux. La photo avait été prise lors d'une période transitoire de coloration. J'ai l'air d'être blonde dessus, mais la couleur ne fait que camoufler un violet délavé pour passer à des cheveux gris. C'est clair qu'avec mes cheveux rose et bleu, on ne dirait pas du tout la même personne. J'arrêtai de regarder ma photo, pour la fixer, elle, en souriant.

- C'est ça. Dans le cadre de mes études, je dois passer un an à l'étranger, mon professeur de civilisation anglophone m'a parlé de cette charmante petite ville et il m'en a fait de tels compliments que je n'ai pas pu résister à l'envie de venir y passer quelque temps.

Eh bam ! Un mensonge bien préparé. Je ne pouvais quand même pas décemment lui dire « Je viens pour voler les secrets de ta ville et me barrer en courant juste après. Si je fais un article sur des événements bizarres d'une ville qui n'est pas sur les cartes, j'aurais gloire et célébrité (et mon diplôme) ». Cela n'aurait pas été correct.

- Je suis jeune, mais j'ai déjà fait des petits boulots pour avoir un peu d'argent et des stages dans le cadre de mes études. J'imagine qu'être secrétaire ne sera pas forcément bien plus compliqué. Je vais devoir répondre au téléphone, faire les plannings et ramener du café, je suppose ?

Elle me fixait et je la fixais en retour. Je n'avais jamais été du genre à détourner le regard la première. Je lui souriais de toutes mes dents. Cette femme était vraiment belle, le genre de femme que j'aurais aimé être si je n'avais pas eu un style si... Atypique, on va dire.
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Apple Queen
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Regina Mills

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MessageSujet: Re: Juillet 2012- Entretien d'embauche [flashback] [Louise Lemire] (terminé)   Mar 24 Jan - 15:28

Entretien d'embauche
IRegina regardait son interlocutrice, qui semblait surprise de sa réaction. Quoi, c’était vrai qu’avec une telle couleur de cheveux, on l’aurait facilement prise pour une adolescente. Et madame le maire n’était pas du genre à ménager les gens. Sans la quitter des yeux, elle attrapa un beau stylo noir afin de faire des annotations sur le CV de Louise. Ainsi donc, un professeur d’université en France avait parlé de Storybrooke à ses élèves ? Comment était-ce possible ? La belle brune afficha un sourire simulant la bonne surprise, alors qu’en réalité elle était fort mauvaise, et demanda :

-Ah, notre petite ville est connue jusqu’en France ? Vous m’en direz tant… Comment s’appelle votre professeur, déjà ?

Si cette fille disait vrai, il fallait absolument que Regina en sache d’avantage. Il lui faudrait sans doute en toucher deux mots à Gold, il faudrait se préparer à l’éventualité que d’autres « touristes » viennent. Avec tous les bleds paumés des Etats Unis d’Amérique, il fallait que la petite curieuse multicolore soit venue à Storybrooke… Madame Mills consulta de nouveau le curriculum de Mlle Lemire avant de la regarder à nouveau.


-Je vois que vous êtes étudiante en journalisme. Pourquoi ne pas avoir cherché un job qui soit plus en adéquation avec votre cursus ? C’est vrai… Vous seriez allée à New York ou Boston, vous auriez facilement trouvé quelque chose dans un journal…

Regina sentait qu’il y avait anguille sous roche. Personne ne pouvait vouloir venir se perdre dans ce genre de bourgade. Après tout, elle avait choisi ce trou perdu pour infliger une punition aux habitants de la Forêt Enchantée, et non pas pour les contenter, sinon elle les aurait fait atterrir aux Bahamas !
Louise continua en lui expliquant que malgré son jeune âge, elle avait déjà fait plusieurs petits boulots. C’était donc une jeune fille travailleuse. Elle semblait d’ailleurs avoir cerné les objectifs du métier. Lorsqu’elle cita le fait de rapporter du café, Regina ne put s’empêcher d’avoir un rire amusé.

-Oui, vous devriez repérer le Granny’s facilement. Son café est une véritable institution.

Puis elle redevint plus sérieuse, s’adossant dans son fauteuil et entrelaçant ses doigts.

-Etre ma secrétaire est bien plus que cela. Vous me représentez, vous êtes la première personne que les gens voient en entrant dans la mairie. Vous vous devrez d’être toujours bien apprêtée… et pour vos cheveux… faire un chignon ne vous dérange pas ?

Elle essayait de manière plus ou moins diplomate de lui faire comprendre que moins elle verrait de rose et mieux elle se porterait. Après tout, c’était clairement visible aux tons de la décoration du bureau de madame le maire : les couleurs affriolantes, pas ici. On restait dans le classieux et les tons sobres.

-Vous parlez très bien notre langue, pour une francophone. C’est un sacré avantage. Vous vivez seule ?

La jeune française souriait. Etait-ce une manière de tenter d’amadouer Regina ? Elle avait l’impression de revoir Blanche et son agaçant optimisme. En tout cas, la demoiselle semblait plutôt motivée, ce qui était un bon point pour elle.

-Donnez-moi trois de vos plus grands défauts et qualités.

C’était une manière à la fois de jauger la demoiselle, et de voir si elle mentait. Les gens n’étaient que rarement très objectifs sur eux-mêmes. Regina avait appris, depuis de longues années qu’elle gérait des gens, à plus ou moins les cerner, surtout pour mieux les manipuler. Aujourd’hui, cela lui était utile dans le cadre de son travail. Le téléphone fixe de son bureau se mit à sonner. Elle se pencha vers le bureau en levant un index pour signifier à Louise de se taire.

-Une minute…

Puis elle décrocha.


-Oui ?.... Oh Mr Stevens, ça fait trois fois, déjà, que vous m’appelez pour… Ne m’interrompez pas, j’ai horreur de ça ! Je vous ai déjà dit que je ne pouvais accéder à cette requête…. Ce n’est pas mon problème, arrangez-vous avec Mr Gold, c’est lui le propriétaire !...

Le type continuait à parler au téléphone et Regina éloigna le combiné de son oreille quelques secondes pour pousser un soupir, montrant clairement son agacement.


-Passez une bonne journée, Mr Stevens, et ne rappelez plus à ce sujet.

Et sans attendre elle raccrocha. Madame le maire reporta son attention sur Louise, affichant un grand sourire qui balaya son mécontentement d’il y a quelques secondes.

-Vous disiez ?

Elle plongea son regard inquisiteur dans le sien, attendant qu’elle réponde à ses questions. Regina se disait que même si Louise n’avait pas forcément le profil idéal pour être la secrétaire d’une personnalité aussi importante qu’un maire, il fallait quand même qu’elle l’ait à l’œil. Cette fille débarquait de nulle part, elle était totalement étrangère aux habitants de Storybrooke, et ne devait absolument pas découvrir ce qui s’était passé ici… D’autant qu’elle était étudiante en journalisme, ce devait surement être une petite fouineuse de première. Madame Mills faisait donc mine de s’intéresser à cette secrétaire potentielle, alors qu’en réalité elle s’en méfiait. Regina n’était pas du genre à accorder sa confiance facilement. Et sans doute que Louise Lemire ne l’aurait jamais, mais il fallait lui faire penser qu’elle l’aurait.

-Je dois pouvoir compter sur vous, êtes-vous prête à être à ma disposition, même les week-ends ? Rassurez-vous, cela reste très occasionnel, mais il arrive parfois que des déplacements en ville s’imposent pour certaines manifestations ou autre.




- crooner curves
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Louise Lemire

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MessageSujet: Re: Juillet 2012- Entretien d'embauche [flashback] [Louise Lemire] (terminé)   Mar 24 Jan - 16:09



Comment une petite bourgade comme ici pourrait être connue jusqu'en France ? Qui plus est jusqu'à Paris ! Pour nous, une fois sorti du périph' c'est la cambrousse, pire qu'une jungle. J'avais eu de la chance que Nathan se perde sur des blogs aux sources un peu obscures et qu'il se souvienne que j'aime tout ce qui a trait à la magie. J'ai d'ailleurs dû le payer assez cher pour qu'il me promette de garder l'information secrète sans avoir aucune certitude qu'il allait réellement la garder. De toute façon, je pense être la seule assez folle pour me lancer dans le quitte ou double de « est-ce que Storybrooke a un scoop à offrir ? ». Personne d'autre dans ma promo ne serait assez timbrée pour s'enterrer dans un bled paumé comme je venais de le faire.

- Je n'en connaissais rien avant qu'il n'en parle. Il s'appelle Smith.

J'avais dit ça sans l'ombre d'une hésitation. De toute façon, Smith est le nom le plus courant dans les pays anglophones. Autant chercher une aiguille dans une botte de foin. J'aurais aussi très bien pu lui dire la vérité, mais je me disais que ce blog aurait peut-être encore quelque chose à m'offrir. Il ne recueillait qu'une dizaine de visites par mois, voire même moins, mais si ce qu'il disait se révéler exact, c'était une véritable mine d'or pour mon article.

-Je vois que vous êtes étudiante en journalisme. Pourquoi ne pas avoir cherché un job qui soit plus en adéquation avec votre cursus ? C’est vrai… Vous seriez allée à New-York ou Boston, vous auriez facilement trouvé quelque chose dans un journal…
- C'est vrai, mais mon objectif professionnel est de travailler dans un petit journal local, dans une exactement comme celle-ci. Arrêtez-moi si je me trompe, mais tous les habitants semblent se connaître. Je trouve intéressant ce genre d'informations, dans des journaux comme ici, les journalistes se doivent d'être rapides et précis, toujours sur le coup. Les habitants ont besoin de savoir rapidement ce qui se passe juste à côté de chez eux. A New-York, je n'aurais, de toute façon, trouvé que des magazines de mode, ce qui ne me correspond pas du tout. Boston... Eh bien, je ne sais pas, cette ville ne semblait juste pas être l'endroit adéquat. En revanche, Storybrooke me semblait parfait et mon professeur me l'a si bien vendu que je n'ai pas pu résister à l'envi de découvrir cette charmante petite ville.

J'avais prévu cette question, je crois d'ailleurs que j'avais tout calculé. Je ne voulais pas et n'aimais rien laisser au hasard, l'enjeu était trop grand pour le laisser s'échapper en courant. Ça allait commencer à devenir un sujet délicat. Je décidai donc d'enchaîner sur une note d'humour. Je ne connaissais personne qui résistait à la blague du café. Elle marchait à tous les coups et effectivement, je vis le maire avoir un léger rire amusé. Finalement, elle n'était pas si insensible qu'elle le prétendait. Cela me redonna un peu confiance en moi et de courage pour la suite de l'entretien, même si ça commençait à avoir légèrement des airs d'interrogatoires de police.

- J'y suis allée, ses gâteaux sont magiques, une véritable merveille.

Je sondais rapidement le maire, savoir si elle réagirait ou non à l'annonce de « magique ». Je n'y croyais pas, surtout avec une femme de sa trempe, mais ça valait le coup d'essayer. Elle reprit immédiatement une contenance et enchaîna sur quelque chose de plus sérieux. La pause récréation était terminée.

- Quoi... Pourquoi ?... Je veux dire : d'accord.

Juillet 2012
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Ok, cette question, je ne m'y attendais pas du tout ! Moi qui ne pensais pas pouvoir être surprise, elle m'a bien eue. Je pris machinalement ma queue-de-cheval pour la relâcher quelques secondes plus tard. Je ne me fondais clairement pas dans le décor. Tout ici était sombre, froid, étudier pour intimider les moins courageux. À côté, je ressemblais à une licorne de la bande My Little Pony. Autant dire que je ne collais à l'ambiance. Pourtant, si on y réfléchissait bien, j'étais professionnelle, faites pour ce boulot et bien habillée, le seul truc qui n'allait pas avec le reste, c'était ma crinière. Néanmoins, elle faisait partie intégrante de ma personnalité, hors de question que je revienne à une couleur morne et basique.

- Oui, je viens de trouver un appartement pas très loin d'ici, ça me permet, si vous me prenez, de venir rapidement au travail lorsque vous avez besoin de moi.

J'avais l'air de clairement la faire chier avec mon sourire. Ça aussi, c'était une partie intégrante de moi-même que je refusais de changer. En plus, les habitants seraient bien contents de passer par moi, jeune femme souriante, avant de s'attaquer aux griffes de madame Mills, la guerrière froide.

Je ne lui répondis pas directement. Cette question était toujours délicate lors d'un entretien, trouvé des défauts qui se transforment en qualité, ne pas trop se mettre en valeur. En tant que future journaliste, on m'a toujours appris à réfléchir à mes mots, ne jamais parler avant de sous-peser ce que l'on va dire. J'ouvris la bouche pour parler lorsque le téléphone sonna et que le maire me fit signe de me taire. Elle sembla mécontente, visiblement ce n'était pas la première fois que ce M. Stevens l'appelait pour la même chose. Au moins si je prenais le boulot, je savais à quoi m'attendre... Et j'espérais bien leur offrir un meilleur accueil. Madame Mills se tourna rapidement vers moi, attendant une réponse à sa précédente question. Je secouai ma tête et répondis

- Je suis un peu tête en l'air, j'ai tendance à oublier les choses rapidement. En revanche au travail, je suis professionnelle, si on me donne une mission, je l'accomplis, je la note sur un bout de papier dont je ne me sépare qu'une fois la tâche terminée. Je suis une personne débrouillarde, même si quelque chose semble impossible à réaliser, je vais toujours chercher un moyen rapide de l'exécuter. Je suis une compétitrice dans l'âme, on ne m'a jamais appris à perdre, mais à toujours gagner. Pour moi, le dicton « L'essentiel, c'est de participer » est réservé aux perdants qui veulent une bonne excuse. L'une de mes principales qualités est que je suis souriante, c'est agréable quand on rentre dans une mairie que la première personne que vous croisez est le sourire aux lèvres. Enfin, je suis hyperactive, un problème que j'ai depuis toute petite. J'ai du mal à canaliser mon énergie, l'avantage que vous aurez : votre café sera toujours bien chaud.

Et une qualité que nous avons en commun : nous ne faisons confiance à personne. Dans un sens, madame Mills avait raison de se méfier de moi, après tout, je venais d'arriver comme une fleur dans une bourgade de trois cent habitants. L'avantage pour moi, je connais ses faiblesses, je sais comment je fonctionne et je sais qu'elle fonctionne exactement de la même manière. Si elle me prend en tant que secrétaire, ce dont je doute fort, je saurais à quel moment agir pour obtenir ce que je veux, même si je ne sais pas exactement ce que je cherche. Les week-ends ? Est-ce que je devais prendre ça pour un « Félicitation, vous avez le job ! » ?

- Oui, oui bien sûr ! Dans le cadre de mon programme, je dois juste suivre quelques cours à la fac de Storybrooke, mais sinon je serais libre tout le reste du temps.
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Apple Queen
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Regina Mills

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MessageSujet: Re: Juillet 2012- Entretien d'embauche [flashback] [Louise Lemire] (terminé)   Mar 24 Jan - 16:13

Entretien d'embauche
IAinsi donc, le professeur qui connaissait Storybrooke s’appelait Smith. Un nom des plus communs aux States. Etait-ce un hasard ? Regina en doutait. Elle se contenta de hocher la tête avec un sourire en coin et griffonna quand même le nom sur le CV de Louise. Elle ferait quelques petites recherches de son côté.

-Très bien, très bien… se contenta-t-elle de dire. Est-il déjà venu ? Ce nom ne me dit rien… Sinon, comment l'aurait-il connu?

Etrange, Louise prétendait vouloir travailler dans un journal local, et pourtant c’était à la mairie qu’elle était venue postuler. Pourquoi ne pas avoir tenté sa chance à la radio dans ce cas, c’était déjà plus proche de son domaine et puis les locaux étaient neufs, Bennett avait peut-être besoin de monde… Enfin, ce n’était pas plus mal, au moins si madame le maire l’avait sous la main, elle pourrait la surveiller plus facilement et s’assurer qu’elle ne découvre pas tous les secrets que renferme la ville.

-Et vous comptez rester jusqu’à quand, exactement ? Afin que je sache, dans l’éventualité où vous conviendriez, jusqu’à quelle date je peux compter sur vous…

L’apparté sur le Granny’s montrait que Miss Lemire avait déjà repéré les endroits importants de la ville. Elle mentionna les fameuses pâtisseries qui étaient servies sur place.

-C’est vrai que les gâteaux sont très bons. Mon fils adore les cupcakes. Mais ses lasagnes, ce sont des surgelés. Je vous le dis sur le ton de la confidence, n’allez pas mettre dans un article ! dit-elle avec humour.

Si la nouvelle se répandait à vitesse grand V, elle saurait que Louise avait vendu la mèche. Devant sa réaction par rapport à sa couleur de cheveux, Mme Mills se contenta de la fixer avec un demi-sourire, et finit par hocher la tête lorsque Louise obtempéra, assez rapidement d’ailleurs.
Regina sentait que Louise en rajoutait un peu. Storybrooke n’était pas une ville si charmante que cela, surtout pour une demoiselle qui venait de Paris !

-Eh bien Storybrooke doit bien vous dépayser par rapport à votre capitale. N’avez-vous pas peur de vous ennuyer ? Surtout si vous me dites que vous avez des tendances hyperactives. D’ailleurs à ce propos, je ne compte que deux défauts. Dans ce métier, il faut en effet être ponctuelle et souriante, mais également savoir compter, ajouta-t-elle avec un petit air sarcastique et un sourire. Mais je note que vous mettez un point d’honneur à ce que le café soit chaud, ajouta-t-elle pour détendre l’atmosphère. C’est vrai que vous avez un joli sourire.

Avec un peu de chance, elle pourrait s’en servir pour bloquer à l’accueil les messieurs qui demandaient une dizaine d’entrevue par mois pour des choses que Regina ne voulait accepter, comme l’ouverture d’un parc d’attraction. Cette idée était ridicule pour une ville aussi petite que Storybrooke, et surtout, le but était de rester discret, ce n’était pas en créant une telle structure que cet objectif serait atteint ! Bref, si ce simple d’esprit revenait encore et qu’il tombait sur Louise Lemire à l’accueil, sans doute serait-il distrait par son joli sourire et ses cheveux roses, suffisamment pour en oublier sa démarche ridicule ?

-J’ai une autre question : quelle est votre plus grande peur ?


Regina voulait cerner au maximum la personnalité de son interlocutrice, du moins ce qu’elle voudrait bien en dire, et si elle mentait, tôt ou tard elle finirait par le découvrir, et là ça se retournerait contre elle.
La demoiselle affirma avoir trouvé un logement non loin de la mairie, ce qui lui permettrait alors d’être sur place rapidement si besoin était hors des horaires indiqués.

-Très bien… Et quels seraient vos jours de cours à la fac ? Quelles options avez-vous choisies ?

Elle avait besoin d’avoir ces détails aussi… Pour vérifier si elle allait vraiment en cours ! Il était vrai que Storybrooke avait une université, mais les cours y étaient très basique, il n’y avait pas de matières fantaisistes, vraiment le stricte minimum.


-Et vous pourriez commencer quand ? finit-elle par dire en faisant rouler son stylo entre son pouce et son index, souriant toujours. J’ai bien envie de vous prendre à l’essai.




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Louise Lemire

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MessageSujet: Re: Juillet 2012- Entretien d'embauche [flashback] [Louise Lemire] (terminé)   Mar 24 Jan - 16:20



Je ne risquais rien à donner le nom de mon « professeur ». Un nom de famille aussi bateau n'était pas facilement repérable, qui plus est qu'ils étaient nombreux en France immigrés d'Angleterre. Même si elle décidait, pour une raison ou pour une autre, que c'était un élément à abattre, la maire ne pourrait jamais lui mettre la main dessus, excepté avec un énorme coup de chance. J'avais tout de même la désagréable impression que je m'enfonçai de plus en plus dans mes réponses. Si elle continuait comme ça, on allait finir par passer d'entretien d'embauche à interrogatoire de police. Regina allait finir par comprendre que quelque chose n'allait pas avec mon histoire. Il ne fallait pas que je me fasse griller, pas la première semaine.

« Je ne sais pas. Il nous a simplement parler de cette bourgade du Maine sans nous donner excessivement de détails. Après tout, nous sommes de futurs journalistes, à nous de chercher. »

Je regrettais directement mes paroles. Elles étaient dites, tant pis. Peut-être que cela la ferait réagir et m'indiquerait que quelque chose se trame dans cette ville. J'étais pendue à ses lèvres pour voir sa réaction. Je priai presque le dieu du journalisme de me mettre sur la voie. Plus vite je trouverais quelque chose à mettre sur un papier, plus vite je pourrais me barrer de cet endroit et retrouver ma petite vie de citadine. Un petit air suspicieux passa dans le regard de la femme en face de moi. J'avais dit quelque chose qu'il ne fallait pas, j'étais grillée, c'en était fini de moi. Néanmoins, elle enchaîna comme si de rien était. Si l'info de Nathan était fausse et qu'il m'avait fait une blague, je jurais de lui arracher chaque ongle et chaque dent avec une pince à épiler. Il allait souffrir de sa bêtise.

« Mon programme m'offre l'opportunité de rester ici pendant un an, prolongeable si besoin. »

Prolongeable si je foirais mon année surtout. Il ne fallait pas que je me plante, sinon j'étais mal, très mal. Je ne me voyais pas rester dans ce bled ad vitam æternam. J'avais besoin de retrouver la ville, les bruits de moteurs, de klaxons et d'engueulade entre chauffeurs. Ici, tout était trop calme, trop carré, penser au millimètre près. J'allais finir par péter un câble, je le savais, la question était : dans combien de temps ? A sa remarque sur le Granny's, je souris, posé mon index sur mes lèvres et lui dis en rigolant :

« Je promet de garder cette information pour moi, et de ne jamais aller en manger. »

Je repris rapidement mon sérieux. Ma couleur de cheveux ne plaisait pas à tout le monde. Elle faisait pourtant partie intégrante de ma personnalité mais j'admets facilement qu'elle ne convient pas pour le travail dans des bureaux. J'ai toujours dû me battre pour avoir du travail à cause de l'arc-en-ciel que j'ai sur la tête. Certaines personnes sont plus tolérantes que d'autres. Je m'estime chanceuse, Regina aurait pu tout bonnement me demander de me teindre en blonde, l'angoisse absolue ! J'avais besoin d'en faire des tonnes, j'avais besoin de me convaincre moi-même que cette ville ne craignait pas autant que ce que je croyais. Moi qui avais toujours été aux grandes villes, je ne savais pas encore comment j'allais m'habituer à Storybrooke. Et puis Storybrooke, franchement c'est quoi ça comme nom de ville ? Je trouvais que certains patelins en France avait des noms qui craignait, mais là on avait atteint le summum.

« C'est évident, mais ça va me faire du bien je pense. Non, j'ai appris à dépenser mon surplus d'énergie par différents moyens et ici au moins on ne pourra pas dire que je manque d'espace pour aller courir et faire du sport. »

Juillet 2012
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Que deux défauts ? Je recomptais rapidement dans ma tête : souriante, professionnelle et débrouillarde pour les qualités, et tête en l'air, hyperactive et compétitrice pour les défauts. D'accord compétitrice peut être vu comme une qualité, sauf que quand on voit le résultat sur moi, on le case dans la catégorie défaut sans une once d'hésitation. Je laisse passer, je ne vais pas débattre sur mes défauts, c'est un terrain beaucoup trop épineux. J'aurais dû dire grande gueule pour le défaut. J'ai tellement envie de l'ouvrir sur sa remarque pour savoir compter et de lui dire que dans ce métier il faut aussi savoir faire la part des choses. Je me contente d'un sourire forcé, et d'un bon bouillonnement au fond de l'estomac, et de rire pour le café. Je n'ai jamais vu une vanne qui marchait aussi longtemps.

« Ma plus grande peur ? »

Je prend une minute pour réfléchir à ma réponse. J'ai peur de la mort, moins de la mienne que des êtres qui me sont chers comme mes parents. Rien qu'à cette pensée, j'en ai des frissons dans le dos. J'ai peur du jour où je les perdrais, où je serais totalement livrée à moi-même avec mes regrets et le souvenir de leurs rires et leurs sourires.

« Je suis arachnophobe. »

Je ne peux décemment pas me livrer autant. Il est plus prudent que je donne une autre peur, beaucoup plus banal. Elle n'est pas fausse, même si elle n'est pas totalement vraie. Les araignées me font flipper, mais pas toutes, juste les grosses, celles sur lesquelles on peut compter le nombre de poils qu'elles ont sur les pattes en pleine nuit en étant à moitié aveugle et à un mètre de distance. L'angoisse ! Ça me dégoûte rien que d'y penser !

« Je n'ai pas encore d'emploi du temps précis, il faut encore que j'aille m'inscrire mais je voulais avant trouver un appartement et un boulot. Je pensais prendre parcours Anglais, avec de la littérature, et en option français ou espagnol. »

La vérité, c'était que la fac était le troisième point à régler sur ma liste, il venait juste après « trouver un boulot ». Si j'obtiens ce job, je pourrais foncer à la fac et réaliser mon inscription tout de suite après. Enfin, Regina prononça les mots qui enlevèrent un poids sur mes épaules. Si elle voulait sans doute me prendre à l'essai, j'allais pouvoir financer tout ici et être indépendante de mes parents (et en prime j'aurais l'occasion de pouvoir fouiller tranquillement le bureau sans être soupçonnée). Un grand sourire illumina mon visage.

« Dès demain si vous avez besoin de moi. J'irais dès cet après-midi à l'université finaliser mon inscription et je serais donc libre dès demain. »

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Regina Mills

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MessageSujet: Re: Juillet 2012- Entretien d'embauche [flashback] [Louise Lemire] (terminé)   Mar 24 Jan - 16:23

Entretien d'embauche
IBon, il semblait évident que Regina n’en apprendrait pas d’avantage sur ce soit-disant professeur Smith qui enseignait dans une faculté française et qui parlait de Storybrooke à ses élèves. Tant pis, elle chercherait de son côté. Pour l’heure, ce qui lui importait, c’était d’avoir à l’œil cette petite étrangère qui, étant étudiante en journalisme, devait surement aimer fouiner et chercher des secrets. La petite licorne arc-en-ciel précisa d’ailleurs elle-même que cela faisait partie de sa formation : chercher par elle-même. Madame le maire hocha la tête avec un sourire en coin. Il lui faudrait vraiment être vigilente avec cette miss Lemire dans les pattes. Bon, elle avait vécu vingt-huit ans sans magie, elle pourrait donc bien s’en passer lorsque Louise était dans le coin.

L’étudiante expliqua alors que son programme scolaire l’obligeait à rester au moins un an dans la ville. A la vérité, Regina espérait que la demoiselle filerait aussitôt son année validée. Il fallait donc espérer qu’elle soit brillante… Lui filer assez de travail pour qu’elle n’ait pas le temps de trop farfouiller dans la ville, mais pas trop pour qu’elle puisse réussir ses évaluations.
Et en plus elle comptait profiter des espaces verts pour courir ? Il faudrait checker les environs pour voir si rien de suspicieux, magiquement parlant, ne traînait… Et elle était arachnophobe, parfait. Regina saurait quoi faire apparaitre en cas de problème pour détourner l’attention de la future secrétaire.

Bon, elle n’avait plus le choix à présent, il fallait absolument qu’elle l’ait sous la main, et le plus tôt serait le mieux. Plus vite elle l’aurait à son service, moins Louise aurait de temps libre pour fureter à droite à gauche. A la bonne heure, elle semblait disponible dès le lendemain matin.

-Je vois, c’est parfait. Je vous prends à l’essai pendant une semaine. Vous commencez demain matin à 8h. Je prends mon café avec un nuage de lait, sans sucre.

Elle se leva, pour signifier que l’entretien était fini, et pour donner ses dernières indications en faisant tourner sa main, qui tenait toujours le stylo, en cercles concentriques, désignant les cheveux de Louise.

-Et vous ferez quelque chose pour vos… cheveux. Je ne veux pas que les citoyens fassent une crise d’épilepsie en arrivant à la mairie.

Regina avait ponctué sa réflexion avec un sourire un peu plus chaleureux, pour montrer qu’elle plaisantait, même si en réalité elle en pensait chaque mot. Il fallait qu’elle apprenne à se montrer aimable, et ce n’était pas le moment de braquer la petite étudiante. Il fallait qu’elle passe pour la gentille maire qui lui laissait sa chance alors qu’elle n’avait clairement pas le look pour ce genre de job. Madame Mills fit le tour de son bureau, après avoir reposé son stylo, pour se retrouver à côté de sa future secrétaire.


-J’aime les gens ponctuels et réactifs, mais je crois que ce ne sera pas un problème, au vu de la description que vous avez faite de vous-même.

Tout en parlant, elle la raccompagnait jusqu’à la porte.

-Je crois que vous avez des détails administratifs à régler à présent ? Je compte sur vous pour m’apporter votre emploi du temps au plus vite, afin que je sache quels jours je peux compter sur vous et surtout que je puisse rédiger votre contrat. Ça va être une première pour moi d’avoir une étudiante à ce poste. Il me faudra aussi un temps d’adaptation… dit-elle comme pour rassurer Louise.

Elle lui serra la main, lui ouvrit la porte et la laissa partir.


LE LENDEMAIN – 7h50

Regina avait passé le reste de la journée de la veille à essayer de faire des recherches sur le soit-disant professeur de civilations que Louise avait en France. Bien entendu, elle n’avait rien trouvé. L’étudiante avait essayé de la duper, mais soit, l’ancienne méchante reine savait à quoi s’attendre. Elle avait ensuite commencé une ébauche de contrat, laissant des cases vides pour le nombre d’heures et les jours travaillés par semaine.

Elle se leva un peu plus tôt le lendemain matin afin d’être sure de n’avoir rien oublié. Elle n’en oubliait pas ses devoirs envers sa petite famille agrandie : Regina prépara le petit déjeuner pour les trois hommes de la maison et fila en leur laissant un petit mot.

A 7h45, elle gara sa Mercedes sur sa place attitrée devant la mairie, et ne tarda pas à en sortir. Elle eut l’agréable surprise de trouver Louise Lemire présente devant la porte. Elle arriva et lui fit un sourire pour montrer qu’elle était satisfaite de sa ponctualité, et la salua tout en sortant les clés de son sac pour déverrouiller la porte de l’établissement public.


-Bonjour, mademoiselle Lemire. Vous êtes en avance, c’est très bien.

Une fois la porte ouverte, Regina invita d’un signe de tête sa nouvelle secrétaire à entrer. Elle avança jusqu’à une sorte de comptoir d’accueil.

-Ici, ce sera votre bureau. Mais venez avec moi, nous allons nous occuper de votre contrat.

Sans s’arrêter, elle fila tout droit jusqu’à son bureau à elle, dissimilé derrière une porte en verre flouté, sur lequel était inscrit en lettre capitales « MAYOR ». Elle déverrouilla cette porte avec une autre clé, et entra la première cette fois. Elle alluma les lumières, désactiva l’alarme et retira sa veste qu’elle accrocha au porte-manteaux avant de venir s’installer à son bureau avec son sac. Elle invita Louise à faire de même.
Regina sortit alors de son sac deux exemplaire d’un contrat à compléter, ainsi qu’un double de la clé de la mairie.

-Vous avez votre emploi du temps ?





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Louise Lemire

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MessageSujet: Re: Juillet 2012- Entretien d'embauche [flashback] [Louise Lemire] (terminé)   Mar 24 Jan - 16:25



Cette femme n'avait pas l'air des plus commodes et je ne voulais pas qu'un des professeurs de ma fac ait des problèmes. Elle semblait être comme moi, à évincer tous les problèmes qui peuvent se présenter à elle. Il y avait effectivement un Smith dans ma fac en France, mais il assurait un peu tous les cours sans grande spécialité, il était donc plus difficile de le trouver. Madame Mills me prenait à l'essai ? Cette nouvelle était bonne, mais étant donné que je n'avais pas exactement le profil idéal pour ce genre de boulot, elle devait m'avoir prise essentiellement pour garder un œil sur moi, la journaliste qui aime à fouiner un peu partout. Je souris chaleureusement et acquiesçai d'un signe de tête. Rendez-vous demain matin 8h. Je le notai dans un coin de ma tête ainsi que la manière dont elle prenait son café. Autant donné la meilleure impression possible.

Par réflexe, je pris à nouveau ma queue de cheval dans ma main. C'est vrai... La couleur ne convenait pas. Néanmoins, je ne comptais pas me teindre en blonde pour son bon plaisir. Je resterais telle que je suis, en les attachant certes. Je souris à sa remarque, bien que je sache pertinemment, malgré son sourire, qu'elle ne plaisantait absolument pas. D'ailleurs, ça ne doit pas être le genre de personne à beaucoup rire.

En voyant la maire faire le tour de son bureau, je me levais d'un bond. Elle me raccompagna jusqu'à la porte.

« Vous n'aurez pas de souci à vous faire, je serais à l'heure. »

Et pour cause, je n'étais JAMAIS en retard. Même si pour ça, je devais piquer un sprint à la Usain Bolt, il était hors de question que j'ai ne serait-ce qu'une minute de retard.

« Je vais directement aller à l'université, régler les derniers détails de mon inscription. »

Elle serra la main de la maire et s'en alla, sans se retourner en entendant la porte claquer derrière elle.

A peine sortie de la mairie, je fouillais dans mon sac pour y trouver un morceau de papier et un stylo, j'y inscrivis rapidement l'heure et la façon dont la maire aimait le café, puis partie en direction de la fac.

Je restais un peu coite devant le bâtiment. Je ne sais pas à quoi je m'attendais, sans doute à un bâtiment du style de Harvard ou Yale soit majestueux et avec énormément d'espaces verts, j'avais tout faux. L'université en elle-même n'était pas moche mais elle était loin de l'« American Dream ». J'entrais dans un hall qui ressemblait plus à un lycée qu'autre chose. A l'accueil des inscriptions, c'est un jeune homme bien propre sur lui qui m'accueillit avec son sourire colgate. Bordel, mais ce sont tous des clones de la maire dans cette ville ou quoi ? Je m'approchais de lui avec mon plus beau sourire, et mon accent français. J'obtiendrais sans doute plus ce que je veux qu'avec un accent anglais impeccable. Après tout, je me pointais en milieu d'année comme une fleur et j'imagine qu'ils ne devaient pas voir beaucoup d'étudiants étrangers ici. D'ailleurs, il parut assez surpris de mon accent, mais se reprit vite et accéda à ma demande. Je ne devais avoir qu'une dizaine d'heures de cours. Je me débrouillais comme je pouvais pour qu'il me les case quand je le voulais, soit assez tard le soir.

Je ressortis de cet endroit avec un emploi du temps tout neuf et une inscription finalisée.

Juillet 2012
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LE LENDEMAIN – 5h30

Cela faisait dix minutes que je me tournais et me retournais sur mon matelas. Je n'avais pas encore eu le temps d'acheter de lit et je me contentais du strict nécessaire. J'estimais qu'au vu de mon énergie à revendre de ce matin, il valait mieux que j'aille faire un jogging. Je me levai d'un bond, pris un rapide petit-déjeuner que j'engloutis en m'habillant et en enfilant mes basket. Une fois mes cheveux attachés et mon Ipod branché sur l'album Blisters d'Adam Barnes et je me mis à courir à bonne vitesse jusqu'au parc Alder. Je l'avais repéré lors de mes premiers jours en ville, mais au bout de quelques tours, je me rendis que je me lassais rapidement de tourner en rond comme un hamster dans sa roue. Je persistais néanmoins jusqu'à atteindre dix kilomètres couru puis je retournais dans mon appartement.

Je me préparais, douche, tailleur, maquillage et plus important que tout : chignon. Madame la maire allait être contente. Je détestais cette coiffure, mais je n'avais pas vraiment le choix. Je pris ce dont j'avais besoin et partie de chez moi. Je regardais l'heure, 7h30, j'avais encore le temps de passer au Granny's et de prendre des cafés s'il n'y avait pas trop de monde. A 7h44 précisément, j'attendais devant la porte de la mairie, un café sans sucre avec un nuage de lait, bien calé dans mon sac. Je me sentais un peu bête. Si madame Mills n'arrivait pas rapidement, le café serait froid, super impression pour une fille qui se vante de toujours ramené le café chaud. Heureusement, une Mercedes noire se gara. La maire en sortie, toujours autant tiré par quatre épingles et marcha d'une démarche assurée vers elle.

« Bonjour. »

Je ne remarquai pas la remarque de madame Mills sur ma ponctualité, trop obnubilé à essayer de savoir le plus discrètement possible quelle clé elle venait d'utiliser pour ouvrir la mairie. Je ne vis rien. Merde. Je passais avant elle et l'attendis dans l'entrée de la mairie, tout sourire. Elle m'indiqua mon « bureau », un espèce de comptoir dans l'entrée. J'allais y déposer mon sac lorsqu'elle me dit qu'on allait tout d'abord régler les derniers détails du contrat.

Nous nous dirigeâmes vers son bureau où elle utilisa une nouvelle clé. Ma mission allait être beaucoup plus difficile que prévu. Cette fois, je regardais ailleurs lorsqu'elle ouvrit la porte. Je n'étais pas sûr d'avoir été très discrète lors de l'ouverture de la première porte et je ne voulais pas qu'elle me suspecte plus que de raison. Je pouvais plus justifier mon envie de connaître la clé pour la porte de la mairie que pour son bureau à elle. J'entendis parfaitement le bruit de l'alarme qu'on désactive. Bordel, mais elle a quoi à cacher comme ça ? Je me pinçais l'intérieur de la joue, mon esprit d'investigation venait de se réveiller et ce n'était absolument pas bon. Nous entrâmes dans son bureau, j'enlevais ma veste et la posais sur le dossier du siège en face de celui de la maire, puis m'assis. Je sortis rapidement mon emploi du temps, ainsi que le café qui, à mon plus grand bonheur, était intact et chaud.

« Tenez, un café. En ce qui concerne mes horaires, dis-je en tournant l'emploi du temps vers elle, j'aurais cours le lundi et le mardi de 19h à 21h, le mercredi de 8h à 13h et le jeudi de 8h à 9h. Si besoin, je peux encore modifier certains horaires pour me rendre disponible. »

J'étais calme, posée. Le footing de ce matin m'avait fait le plus grand bien.

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Regina Mills

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MessageSujet: Re: Juillet 2012- Entretien d'embauche [flashback] [Louise Lemire] (terminé)   Mar 24 Jan - 16:31

Entretien d'embauche
ILouise était arrivée à l’heure, ou plutôt en avance, puisque madame le maire, elle-même en avance, s’était vue devancée par sa nouvelle secrétaire à l’essai. Après un rapide tour d’horizon de ce qu’elle avait à voir, à savoir son poste près de la photocopieuse, et l’accès au bureau du maire qu’elle connaissait déjà, les voilà toutes deux installées à ce dernier. Regina avait sorti de son sac les deux contrats à compléter, et s’était vu agréablement surprise de voir l’étudiante aux cheveux roses lui donner un café, comme elles en avaient parlé la veille. La belle brune lui sourit.


-Merci. Asseyez-vous.

Elle en fit de même, posa le café sur un coté de son bureau et attrapa la feuille d’emploi du temps que Louise avait placée dans son sens afin qu’elle puisse voir ce qu’elle venait de lui dire.

-Seulement dix heures de cours par semaine ? Je vais avoir le temps de vous exploiter, dit-elle avec un sourire en coin et une touche d’ironie.

Ce qui était à moitié vrai d’ailleurs. Plus Louise passait de temps à la mairie avec elle, et moins elle aurait le temps de fouiner dans la ville pour y découvrir des choses qui ne concernait pas une personne qui n’était venue de la Forêt Enchantée il y avait trente ans de cela.

-Bien, combien vous faut-il de temps pour aller à la fac ? Si je vous laisse deux heures de marge, ça ira ? Disons, les lundis et mardi de 8h à 17h, avec une heure de pause déjeuner. Le mercredi hum …

Elle fit mine de réfléchir en observant le planning de la demoiselle.

-Si je vous fais venir pour trois heures, il vous faudra vous occuper de trier le courrier et faire toutes les photocopies des documents que j’aurais déposés sur votre bureau et les ranger dans les dossiers appropriés. Et aller à la poste aussi. De 15 à 18h.

Regina prit une minute pour prendre le gobelet de café en main, et tout en regardant Louise, elle en but une gorgée. Puis elle sourit avant de le reposer à l’endroit exact où elle l’avait pris.

-Très bien. Le jeudi, vous pourrez commencer directement l’après-midi, à 13h jusqu’à 18h ? Et le vendredi, comme vous n’avez pas cours, je vous veux toute la journée avec moi. De 8h à 18h. La veille du week-end, c’est toujours là que les gens se réveillent et qu’ils se rappellent qu’ils ont des détails administratifs à régler. Vous avez tous vos week-ends, sauf cas d’urgence bien sûr.

Elle griffonna tout cela sur le contrat, à l’aide de son beau stylo.

-Ce qui vous fait un contrat de 36h.

Ce qui était en dessous de la moyenne de temps de travail chez les américains. Regina savait que les français travaillaient 35h par semaine et trouvaient déjà cela trop, ce qui la fit sourire, attendant la réaction de la petite étudiante. Mais elle avait un argument de poids qui, sans doute, lui ferait prendre les choses avec le sourire.

-Pour un salaire de 1600 dollars. Nets.

Elle avait arrondi à la centaine au-dessus le salaire, des 11 dollars de l’heure des métiers plutôt bien payés. Pour une étudiante, ce serait probablement une véritable fortune. Regina observa avec un sourire en coin les réactions de la jeune femme.

-Est-ce que ça vous convient ?

Sans doute que oui, puisqu’elle était même prête à encore modifier ses horaires de cours pour être d’avantage disponible. Mais bon, elle n’en avait déjà pas beaucoup, d’ailleurs l’ancienne reine se demandait comment il était possible de n’avoir que si peu d’heures de cours lorsqu’on était à la fac. Elle lui glissa un double de la clé de l’entrée de la mairie.

-Ne la perdez pas. On ne peut pas en faire de doubles. Elle n’existe qu’à deux exemplaires : le mien et le vôtre. Si vous l’égarez, je vous étrangle, dit-elle avec un sourire.

Avec l’assentiment de Louise, Regina compléta le deuxième exemplaire du contrat, signa les deux et tourna les pages vers la nouvelle employée de mairie. Une fois qu’elle eut signé les deux, la maire de Storybrooke en prit un pour elle, qu’elle rangea dans un tiroir.


-L’autre est pour vous. Bien.

Elle se leva, époussetant machinalement ses vêtements, et se dirigea vers la porte, attendant que la secrétaire la suive. Elles retournèrent au poste de Louise. Elle attrapa le combiné du téléphone.

-Vous répondez au téléphone. Si quelqu’un veut me parler, assurez-vous que ce soit réellement important. Et vous transférez l’appel comme ceci.

Elle appuya sur un bouton et sur la touche 1.

-Et ensuite vous raccrochez. Ca ira ?

Ce n’était pas une tâche bien compliqué, et elle en était sure, sa petite licorne pourrait aisément le faire.

-Bien. La salle de pause se trouve par ici. Vous avez une machine à café, un distributeur et des magazines. Vous la partagez avec les employés des autres services qui travaillent dans les étages. Ils ne sont pas nombreux. Des questions ?

A vrai dire, Regina espérait que non. Elle avait perdu du temps, la veille, à essayer de faire des recherches sur le soi-disant professeur informateur de Louise, et à présent elle avait du travail en retard.





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Louise Lemire

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MessageSujet: Re: Juillet 2012- Entretien d'embauche [flashback] [Louise Lemire] (terminé)   Mar 24 Jan - 16:34



J'avais vraiment envie de faire bonne impression. J'en aurais besoin si je voulais espérer pouvoir dépasser la période d'essai. Je profitais d'un sourire de madame la maire pour remarquer à quel point elle était jolie, bon d'accord elle était même carrément belle. Je suis sûre que quand elle sourit vraiment, pas avec un sourire professionnel comme maintenant mais avec un vrai sourire pas très beau et qui s'étire jusqu'à vos oreilles, elle doit être magnifique et irradiée quelque chose d'indescriptible. Je me concentrais à nouveau sur ce qu'elle me disait. Effectivement je n'avais pas beaucoup d'heures de cours. J'avais sorti mes yeux de chiens battus à l'université afin de leur faire comprendre que j'aurais besoin d'un Régime Spécial d’Étude, afin de parallèlement pouvoir travailler en plus de mes études. Cela me conférait l'immense droit de pouvoir sauter des cours.

« C'est vrai que c'est assez peu, mais si vous voulez je peux retourner là-bas et leur dire de me donner plus d'heures. »

J'avais dit ça en rigolant. De toute manière, je préférais largement être ici à bouger plutôt que d'être assise toute la journée à la fac et manquer certains cours ne m'empêchera pas d'avoir mon année. Je ne doutais pas une seconde que madame Mills trouverait le moyen de m'occuper à la mairie. Dans un sens, cela m'arrangeait. Plus je passais de temps à la mairie, plus j'aurais de temps pour trouver un moment propice où fouiner. Il fallait que je le choisisse avec précision, si je me plantais je serais non seulement virée mais découverte et je n'ose pas imaginer ce que cette femme pourrait me faire.

J'ai presque envie de rigoler quand elle parle de deux heures pour aller jusqu'à la fac. Je me mords l'intérieur de la joue pour ne pas exploser de rire. En courant, il me faut 4 minutes 36 secondes pour arriver jusqu'à la fac et en marchant 11 minutes si je prend le temps de regarder les oiseaux volés. Deux heures, c'était le temps que je prenais à Paris avec le métro et les bus toujours coincés. Je ne dis rien, pendant les deux heures de marge, j'aurais le temps de chercher du café et de farfouiller la ville, c'était parfait. Je pris rapidement note des horaires et de ce que je devrais faire le mercredi.

36h ? Je calculais rapidement dans ma tête. Semaine de 46 heures en comptant mes heures de cours et sans compter le boulot que j'aurais à fournir derrière. Bordel, elle me rappelait monsieur Thornton dans North and South d'Elizabeth Gaskell, même mieux : la mère de Thornton.
Juillet 2012
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Non mais la classe ouvrière durant l'ère Victorienne ? On se le demande. Cependant, le salaire me fit rapidement changer d'avis. Le mot « Nets » raisonnant à mes oreilles comme le Saint-Graal. J'allais pouvoir acheter des meubles. Oh ! Et puis des livres aussi ! N'empêche qu'avec les horaires que je faisais j'allais avoir intérêt à m'organiser. La terrible loi économique de l'effet de substitution vient de s'abattre sur ma tête : Je travaille beaucoup donc j'ai plus d'argent, mais en travaillant comme ça j'ai moins de temps de loisirs. L'arbitrage était néanmoins rapide : Je ne voulais pas continuer à dormir sur un matelas à même le sol et un canapé ne serait pas du luxe. J'allais devoir faire des concessions sur une vie sociale que je n'avais de toute manière jamais eu.

« C'est parfait, dis-je avec un sourire un peu forcé. »

Qui aurait cru que mon hyperactivité allait me servir à quelque chose un jour ?

« Cette perspective est réjouissante. »

J'avais toujours rêvé de mourir étrangler. Suffoquer était tout à fait le type de mort qui me faisait flipper : c'était long et douloureux. Je préférais de loin une mort bien nette, propre et plus que tout rapide. J'accrochais rapidement la clé à mon trousseau qui était plein à craquer. Je ressemblais à Passe-Partout avec les douze clés que l'agent immobilier m'avait donnée en me disant « Je ne sais pas à quoi elles servent, vous les testerez ». Comme si j'avais du temps à perdre avec ça !

Je lus rapidement les contrats avant de les signer. On m'avait toujours appris à faire attention à ce genre de choses. Je me souviendrais toujours de cette feuille que mon père m'avait fait signer lorsque j'avais dix ans, sans que je fasse attention et qui stipuler que j'acceptais de passer l'aspirateur et de faire la vaisselle pendant un mois. Une torture ! Quand j'y repense aujourd'hui, ça me fait bien rire. Je rendis un exemplaire à madame Mills et mis l'autre dans mon sac.

Regina se leva et je la suivis vers mon « bureau », le comptoir quoi. Elle m'expliqua comment fonctionner le téléphone. Je souris et hochai la tête en signe d'approbation. Je vis que la maire semblait impatiente de me lâcher.

« Aucune. »

Si, j'avais une question : d'autres personnes travaillaient réellement ici ? Je n'avais vu personne en deux jours. « A moins que ce ne soit des petites fées, rigolais-je intérieurement ». Je me mis en place et commençais à trier les dossiers. Rien que de l'administratif de base, pas de quoi casser trois pattes à un canard. Je pris à la suite des appels d'un mec qui voulait un parc d'attraction. Je lui expliquais de manière polie et courtoise que ce n'était pas possible dans une ville comme Storybrooke. Il ne se passe rien de spécial durant la matinée, tout roulait sans grand problème.

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Regina Mills

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MessageSujet: Re: Juillet 2012- Entretien d'embauche [flashback] [Louise Lemire] (terminé)   Mar 24 Jan - 16:39

Entretien d'embauche
ILouise n’avait pas perdu son énergie ni son sens de l’humour. Madame le maire s’était contentée de sourire à sa plaisanterie qui évoquait la possibilité de demander à la faculté d’augmenter ses heures de cours. La jeune fille sembla accepter bien vite la proposition de contrat, surtout lorsqu’elle entendit le montant du salaire. Regina en était sure. Dans ce monde comme dans l’autre, ce qui faisait tourner les choses, c’était l’argent. Un sourire assuré aux lèvres, elle lui avait rendu son exemplaire du contrat signé. Voilà, un mois d’essai et un contrat d’un an.
Après lui avoir montré l’essentiel de ce qu’elle avait à connaître pour son poste, Regina lui avait demandé si elle avait des questions. Il sembla que non.

-Parfait. Je serai dans mon bureau.

La maire de Storybrooke tourna les talons et repartit dans son bureau, bien décidée à avoir à l’œil cette petite étudiante farfelue qui, elle en était sure, essaierait de fouiner. Elle referma derrière elle la porte en verre flouté et se réinstalla à son bureau avant de reprendre son gobelet de café. Il avait refroidi, mais rien qu’en le tenant dans ses mains, la sorcière lui apporta un peu de chaleur magique. Lorsque la fumée s’échappa du couvercle en plastique, elle sourit et le porta à ses lèvres. Elle réfléchit alors à ce qu’elle pourrait faire pour occuper au maximum la petite française afin de l’empêcher de se douter de quoi que ce soit concernant la magie. L’envoyer à la poste, c’était déjà une chose qui lui prendrait un moment, surtout si elle avait beaucoup de courrier. Faire envoyer des cartons de vœu à toute la ville, voilà qui serait une occupation parfaite et qui prendrait un certain temps. Souriant, ravie de son idée, Regina appuya sur le bouton qui la mettait en relation avec le poste de Louise. Elle lui indiqua que dans un tiroir de son bureau se trouvaient des cartons vierges. Il lui faudrait alors les faire imprimer au nombre d’exemplaire relatif aux habitants de la ville, avec l’année 2012, et il lui faudrait chacun les tamponner avec la signature du maire. Bien sûr, ce tampon se trouvait dans le bureau du maire. Ainsi, le lendemain après-midi, elle l’aurait sous les yeux tout le temps. Un maire qui se respecte ne laisse pas un tampon avec sa signature se balader entre les mains de n’importe qui, c’était bien trop dangereux.

Voilà, elle avait trouvé de quoi aviser pour le lendemain, c’était déjà ça. Il lui faudrait trouver d’autres idées pour les autres jours de la semaine, puis du mois, et ceux à multiplier par douze, en espérant que rien de paranormal ne se produise à Storybrooke, sans quoi il faudrait à l’ancienne méchante reine concocter des litres et des litres de potion d’oubli pour Louise Lemire.





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