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your knife, my back. My gun, your head + regina

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Andreas Kostas
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MessageSujet: your knife, my back. My gun, your head + regina Mar 3 Juil - 22:32

There is a fire inside of this heart and a riot about to explode into flames
Tell me would you kill to save a life? Tell me would you kill to prove you're right? Crash, crash, burn, let it all burn This hurricane's chasing us all underground.  No matter how many deaths that I die I will never forget. No matter how many lives that I live, I will never regret.
☛ Your knife, my back. My gun, your head.☚
Des milliers d'années marquaient mon regard à la noire profondeur abyssale. Et pourtant … la forêt bourdonnait de mille et un bruits qui ne m'étaient pas familiers. Le bruissement des feuilles giflées par le vent, les frappes de l'eau contre le sol bourbeux et le croassement incessant des grenouilles mêlé au chant strident des insectes éparpillés dans les bois. La vie m'embrassait … m'enveloppait dans un linceul qui m'asphyxiait. J'avais haï mon frère pour m'avoir exilé et m'avoir privé de ma liberté de choisir. Je l'avais exécré au point de m'abandonner à la haine et à la rage, sans savoir qu'il m'avait en réalité volé ce que les dieux fantasmaient le plus. La vie elle-même. La lame noire de la conscience taillada mes pupilles rétrécies tandis que j'entrouvrais les lèvres pour inspirer l'air chaud qui m'entourait. En voulant me réduire à néant, Zeus m'avait offert une arme à laquelle je n'aurais pu prétendre autrement. Je ne me battais plus seulement pour le voir dégringoler et s'échouer sous terre, mais également pour protéger ma propre vie jusqu'à le voir chuter. Mes lèvres tressaillirent tandis qu'une flamme sombre naissait à la naissance de mon poignet. Elle s'y enroula, tel un serpent noirâtre, marquant ma chaire et consumant mon vêtement à la manche brûlée. Le tissu noirci, s'abîma, s'effaça pour révéler ma peau pâle et parsemée de filaments sombres. Je retournai légèrement la main, fasciné par cette flamme autrefois si facile à créer. Désormais, elle s'esquissait lentement, comme de la pointe du pinceau d'un artiste dépassé. Mes doigts se replièrent, un à un, pour mordre la chaire tendre de ma paume. J'y sentis mes ongles s'y enfoncer jusqu'à ce que la douleur naisse dans une ligne sanguine, jusqu'à ce que la flamme prenne son envol pour braver le regard du maître auquel elle tenait tête. Elle ondula, crochant et brûlant la peau de l'ancien dieu qui n'était plus. La souffrance coula dans mes veines alors que l'ébène effaçait progressivement la blancheur de ma peau. Mes doigts ensanglantés formaient désormais une couronne d'un carmin sinistre sur une paume attaquée. Je serrais le poing, sans quitter des yeux celle qui se dérobait à mon emprise. Je ne contrôlais rien. Ni sa danse, ni sa rébellion, ni même les effets qu'elle pouvait avoir sur mon corps si elle le désirait. Mes prunelles se dilatèrent, perles gonflées d'orgueil et de détermination. Elle ploya, s'affaissa dans une main qui échappa au griffe de la mort. Elle lécha les plaies d'une blessure qu'elle avait créé, souffla sur les braises et la peau morte, apaisa la douleur, fit disparaître la noirceur. Je voyais ma peau se reconstruire, à la manière des vêtements que je créé jadis. Mais, si le tissu resta inchangé, la flamme docile laissa un souvenir à mon poignet. Un bracelet en pierre de lave, celle que j'affectionnais et que l'on trouvait en profusion en enfer. En enfer … Je ne parvenais même à cerner mes sentiments vis à vis d'un royaume qui m'avait été imposé. Plus que le fuir, j'avais fantasmé sur l'idée de réparer une injustice. Je réclamais ma liberté, mon droit de retrouver l'Olympe et les miens. Je condamnais sa tyrannie. Néanmoins … j'en étais venu, si ce n'est à aimer, à me considérer chez moi dans ces enfers que j'avais haï. Le rideau de mes cils dissimula momentanément la forêt joyeuse et vivante. Une demi seconde avant que je ne me redresse, quittant des genoux la boue et les restes de pluie qui maculaient la terre assoiffée. La détermination durcissait mes traits. Je quittais le couvert des arbres pour me diriger vers le quartier faussement chic de Storybrooke dans lequel avait élu résidence la tout aussi fallacieuse maire de la ville. Je n'y étais venu jamais venu qu'en tant qu'Andréas, cet avatar pathétique qui n'avait jamais osé tenir tête à son patron. L'humiliation mordit mes entrailles, alors que je poussai le portillon pour grimper félinement les marches conduisant à son perron. Mes coups résonnèrent. Puissants, sans appels. Pourtant, je frappais. J'écrasais même mon poing contre le battant, parfaitement conscient de mes faits et gestes. J'étais une ombre sur le territoire d'un ennemi, j'étais une figurine sur un immense échiquier guidé par des règles desquelles je devais m'inspirer si je voulais gagner. L'intelligence n'était-il pas le nerf de la guerre? La porte s'ouvrit, dévoilant le profil ténébreux d'une reine qui n'avait jamais abandonné ses privilèges ni ses atours. Ce qu'elle estimait être se lisait sur son visage, dans son maintien, dans sa manière de se vêtir, dans chacun des gestes et chacun des regards qu'elle lançait. Un sourire ironique plissa mes lèvres charnues alors que je penchais légèrement la tête pour l'observer. « Majesté. » ironisai-je d'une voix rauque. Les syllabes, murmurées d'une langue mordante, glissèrent sur les ailes du sarcasme et du mépris. Elle n'avait rien d'une Reine si ce n'est le port altier. « Je t'admire Regina, » enchaînai-je, un sourire chaud sur mes lèvres plissées, « pour ce talent naturel et incomparable que tu as de mieux détruire tes amis que tes ennemis. » Je plantais deux prunelles obsidiennes dans les siennes, sans dissimuler le mépris royal que sa personne et son manque de courage m'inspiraient. Elle avait tenté, durant des années, de tuer une femme sans jamais y parvenir. Et pourtant, son père, Daniel et Robin avaient tous trois succombé à son âme damnée. « Il aurait été plus facile, plutôt que ce sort pathétique, d'amener Snow White à tenir à toi, ne penses tu pas? » appuyai-je sans la quitter des yeux.
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MessageSujet: Re: your knife, my back. My gun, your head + regina Sam 7 Juil - 23:08

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Ma vie avait pris un drôle de tournant. Enfin, « drôle » n’était peut-être pas le mot adéquat. Après avoir enfin eu droit à un bonheur, une fin heureuse que je n’aurais jamais crue possible autrement que par la vengeance, j’avais enfin entrevu ce dont tous ces héros qui avant me donnaient la nausée parlaient, l’Amour véritable, celui qui donne des ailes, celui qui nous fait dire aussi niaisement que ma belle-fille Blanche-Neige que tout est possible et qu’il faut toujours garder espoir. Seulement voilà, ce bonheur personnifié en l’archer le plus célèbre de tous les royaumes confondus m’avait été ôté. Il avait perdu la vie et il ne se passait pas un jour sans que je n’en culpabilise. Il faut dire que lorsque cela arriva, alors que nous avions été emportés, ainsi que d’autres personnes de Storybrooke, aux Enfers par la lyre d’Orphée, et que Robin avait voulu, tel le héros qu’il était, nous protéger en affrontant un kraken invoqué par ma meilleure amie, ou du moins son alter-égo la Méduse, pour se protéger. La créature mythologique l’avait alors projeté dans le Styx sous mes yeux horrifiés et mes mains impuissantes à l’aider. J’étais arrivée trop tard. Je lui avais obéi en faisant partir notre fille adoptive CJ mais mon instinct m’avait forcée et rebrousser chemin, et j’eus tout juste le temps de le voir se faire jeter par un balayage de tentacules dans le fleuve maudit. Je le savais, il en mourait et en serait prisonnier pour toujours. Sur le moment, je n’avais eu qu’une seule envie, l’y rejoindre. Mais j’avais CJ à ramener à Storybrooke, Henry qui m’attendait sur place, et ma meilleure amie Neïlina, inconsciente dans les tentacules du kraken qui avait ouvert un portail sur les Sept Mers. Je devais sauver les miens avant de songer à tout autre chose.

Depuis, nous étions tous rentrés à Storybrooke et j’avais dû organiser les funérailles du plus grand héros que nous avions connu (en toute objectivité, bien sûr) et faire mettre en terre un cercueil vide. Toute la ville était là, la tristesse se lisait sur les visages, et son pauvre petit garçon était désormais orphelin. Ce petit Roland que j’aimais comme s’il était mon fils, je n’avais pas le droit de le garder avec moi. Il avait rejoint son parrain Petit Jean et Aeline qui se trouvait être sa tante. Tous trois avaient regagné le monde des contes. J’étais donc seuls avec les deux enfants que j’avais adoptés, Henry que j’avais depuis son plus jeune âge, et CJ qui avait rejoint le foyer depuis seulement quatre mois. Mais cette adorable adolescente était aussi bien ma fille que ce qu’Henry pouvait être mon fils. Je les aimais tous deux si fort, ils m’aidaient énormément. Et puis j’avais aussi un autre enfant, un autre espoir qui me permettait se sortir la tête de l’eau, qui m’empêchait de m’enliser dans la dépression. J’avais appris par la fée bleue que j’étais enceinte. Un véritable miracle. Bon, j’y avais travaillé, évidemment. Peu après notre retour du désert de glace et avant les fêtes de fin d’année, Robin m’avait confié qu’il souhaitait que nous fondions une famille. J’avais dû lui faire part de mon incapacité à enfanter à cause d’un poison que je m’étais administrée plus jeune, et lui avait fait la promesse de chercher un antidote. J’étais loin de m’imaginer que j’avais réussi. Le plus triste dans l’histoire, c’est qu’il n’avait pas été là pour apprendre la bonne nouvelle en même temps que moi. J’étais seule, seule avec mes deux autres enfants. Et mes deux meilleurs amis que j’avais également informés tant j’étais déroutée au début. Neïlina et Durnik m’étaient d’un immense secours.

Ma vie avait cependant une nouvelle fois connu un retournement de situation. En effet, ma précieuse CJ m’avait montré un article de New York qu’elle avait trouvé sur lequel Robin apparaissait. Par je ne sais qu’elle miracle, il s’était retrouvé à New York, complètement amnésique. J’étais alors partie dès le lendemain avec ma meilleure amie et Aeline, que j’avais fait revenir du monde des contes et ensemble, avant de découvrir CJ cachée dans le coffre de ma voiture, nous avions ramené Robin à Storybooke. Cela faisait seulement deux jours, il était toujours amnésique et je voulais faire venir Petit Jean et Roland pour l’aider à retrouver la mémoire. Je l’avais laissé loger dans les chalets que j’avais fait construire en forêt voilà plusieurs mois pour lui et ses joyeux compagnons. J’avais le cœur brisé qu’il ne me reconnaisse pas. Je songeais encore à ces rêves qui m’avaient accaparée quelques nuits après son enterrement, où ses sages paroles me parvenaient, plus vraies que nature, où il me disait qu’il n’avait jamais cessé de m’aimer malgré cette fausse Marianne qui nous avait séparés avant son trépas. Aujourd’hui, il était de retour et je comptais bien tout mettre en œuvre pour qu’il retrouve la mémoire, qu’il retrouve mes bras et qu’il puisse avoir ce qu’il voulait. Il devait savoir que je portais ses enfants. Oui, la veille j’avais été consulter un médecin et j’avais appris que je portais deux bébés. Les miracles n’avaient de cesse de se produire, décidément. Si seulement le miracle pouvait poursuivre en me rendant mon Robin entièrement. Je ne pouvais supporter davantage de voir son regard bleuté se poser sur moi comme si j’étais une étrangère. J’étais têtue et je n’arrêterai pas jusqu’à ce qu’il ait recouvré la mémoire.

J’achevais de me préparer, cherchant une robe que je parviendrais à fermer avec mon ventre qui s’était considérablement arrondi (et je comprenais pourquoi à présent- apparemment, une grossesse gémellaire était bien plus fatigante et surtout bien plus visible). Je dus user d’un peu de magie pour avoir une tenue à ma taille et je résolus de faire les magasins. Je voulais éviter la magie autant que possible, j’avais peur de succomber à mes vieux démons. Je mettais mes chaussures lorsque des coups brusques retentirent à la porte. Surprise, je jetais machinalement un coup d’œil vers celle-ci tandis que le fracas se reproduit. Mécontente d’un tel traitement, je m’avançais vers mon entrée et ouvrit, découvrant avec méfiance celui qui avait été pendant vingt-huit ans mon informaticien. Je ne l’avais plus revu depuis la levée de la malédiction… Il se souvenait, comme tous les autres. Il avait été le dieu des Enfers, nous avions passé un accord et je n’avais pas respecté mon engagement. J’étais cependant à des années lumières de penser à Andreas, ou Hadès. J’avais bien d’autres chats à fouetter. Il était là, avec son air suffisant à m’appeler « majesté ». Je roulais des yeux.

- Qu’est-ce que tu veux ? Demandai-je sans dissimuler mon agacement.

Le voilà en train de me narguer sur mon destin certes peu reluisant quand on savait que j’avais perdu quasiment tous ceux à qui je tenais. Mais j’avais changé, et depuis, de bonnes choses m’arrivaient. Je soupirai.

- Il fallait me donner ce conseil trente ans auparavant, très cher. A présent, les choses ont changé. Si tu veux bien m’excuser, j’ai à faire.

J’avais l’intention de sortir de ma maison, mais j’avais comme l’impression qu’il ne serait pas de cet avis. Son regard me glaçait le sang, mais je tachai de n’en rien laisser voir.

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Andreas Kostas
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MessageSujet: Re: your knife, my back. My gun, your head + regina Mer 15 Aoû - 1:09

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Nos regards se croisèrent, se jaugèrent puis se perdirent lorsque la reine déchue roula des yeux pour marquer son irritation à mon égard. J'esquissai un lent sourire, noir et sans âme, et penchai légèrement la tête. Les mèches, d'un noir chocolaté, glissèrent sur mon front pâle pour venir flirter avec un sourcil arqué. « Que pourrais-je bien te vouloir Regina … » répondis-je d'une voix rauque et maîtrisée. « Peut-être te remercier de ces quelques délicieux mois que nous avons passé ensembles. Les tremblements, les regards, la tension … Ces souvenirs sont gravés au fer rouge dans ma mémoire. » Les notes gutturales roulaient sur mes lèvres mouvantes, feu invisible d'une humiliation muée en lames. Néanmoins, ces images ensablées par un subconscient fier et orgueilleux étaient un véritable trésor archéologique pour celui qui désirait atteindre la femme qu'elle était devenue. Une femme au cœur tendre et aux blessures adoucies par les romantiques émotions qu'elle avait réappris à ressentir. Très cher. Un rictus fit tressaillir la commissure de mes lèvres incarnates tandis que je libérai le paquet de cigarettes comprimé par la poche de ma veste. J'en glissai une sur ma langue puis y refermai les doigts. Ils chauffèrent, flamme invisible, pour embraser un bâton à la fumée dansante. « Il y a trente ans .. tu parles du moment où notre relation cordiale s'est enflammée ? » soulignai-je en levant les yeux vers elle. Mon index et mon pouce écrouèrent la nicotine pour l'éloigner d'une bouche mordante. « Le feu annihile, il n'offre pas. Tu es bien placée pour le savoir même si tu as perdu tant de ta superbe que de ta hargne. » La cigarette frôla mon inférieure et la fumée glissa dans ma gorge, endormant le dragon qui ne demandait pourtant qu'à s'éveiller, ce reptile qui fantasmait la chaire brûlée et le sang coulé. « Je te retiens pas Regina. Tu n'es pas la seule à avoir les réponses que je suis venu chercher. Je peux tout aussi bien demander à Henry ou à Cassandra. » Je plongeai calmement dans son regard sombre puis, sans l'ombre d'une hésitation, la frôlai pour entrer dans la blanche bâtisse. L'écho de mes pas, silencieux, ne présentèrent qu'une ombre avalée par le parquet lumineux d'une entrée vide et imposante. « Et s'ils ne sont pas là … tu n'es pas sans savoir qu'attendre dans les lieux fantomatiques n'est pour moi qu'une formalité. » Je m'adossai à la console d'un bois sombre et croisai les bras, les lèvres refermées sur le bâton qui fumait. Et elle dansait, exhalaison opaline, se reflétant dans les yeux d'un maître aux intentions immuables. Elles s'encrèrent dans l'obsidienne qui se posèrent sur la silhouette pulpeuse de son vis-à-vis. Trop pulpeuse. Mes sourcils s'abaissèrent, alors que j'observais la courbe d'un ventre dessiné par la maternité. Enceinte. La nicotine fuit, laissant dans son sillage un voile mortuaire. Alors l'image de Regina se troubla, effacé par la force d'un souvenir lointain. Une chevelure d'un roux flamboyant, un regard de jade, un sourire épanoui et un rire communicatif. Une femme autrement plus dangereuse que la brune oubliée, une femme qui m'avait mis à genoux avant de disparaître dans le fracas d'une haine renouvelée. Une femme au ventre arrondi par la présence d'un enfant indésiré. Mes paupières cascadèrent, voilant le tableau d'hier pour me ramener à celui d'aujourd'hui. Un rideau de cils, une cigarette happée, une fumée expirée. Je soufflai les cendres d'une vieille histoire pour me concentrer à nouveau sur celle que j'étais venu voir. « Tu ne devais pas fuir Regina ? » lui demandai-je sans laisser percevoir mon trouble éphémère. Car si mon cœur avait été figé, m'interdisant de ressentir compassion et tristesse, il me restait la haine et la colère. Je ne pouvais en effet plus percevoir que les cendres de ce maestria d'émotions écrouées, calfeutrées, dans mon organe silencieux. « Fuir de la démarche élégante et hypocrite de la souveraine mensongère ? » La fumée voila mes traits à l'impassibilité feinte, puis le corps mouvant du prédateur. Je quittai la console et me rapprochai d'elle, non sans écraser la cigarette dans ma main. Seules les cendres survécurent à ma poigne, cendres qui glissèrent et marquèrent le chemin emprunté jusqu'à elle. « Les choses ont changé parce que tu es devenue vulnérable Regina … et beaucoup plus que je ne me l'imaginais jusqu'à présent. Néanmoins, je ne suis pas venu pour vous menacer, toi et ton cocon illusoire, mais pour te poser une simple question. » Le souffle mourut sur mes lèvres alors que je laissai tomber les derniers lambeaux d'un poison humain au parfum acre et addictif. « Où se trouve la porte des Enfers ? » Mon timbre s'était durci sur les deux dernières syllabes, lui interdisant toute dérobade. Car, si je n'étais pas venu dans l'intention de lui faire du mal, ma nouvelle impulsivité rendaient les choses indevinables, et ce d'autant plus qu'elle était le sujet d'une rancune tenace et implacable. La marionnette de Zeus. Celle qui lui avait donné le seul et unique pouvoir qui manquait à son palmarès, lui permettant ainsi d'interrompre un conflit qui durait depuis des siècles. « Où se trouve la porte de mon Royaume ? » Un Royaume qu'ils avaient souillé par leur présence, un Royaume probablement en proie au chaos depuis qu'elle m'en avait arraché pour échapper à une promesse. Une seule et unique promesse que son cœur lui avait extorquer pour revoir un homme qu'elle avait oublié dans les bras d'un archer tombé.
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MessageSujet: Re: your knife, my back. My gun, your head + regina Mar 28 Aoû - 15:17

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Je n’avais pas souvenir d’un Andreas aussi insupportable, mais comment pouvais-je comparer l’informaticien de ma mairie sans aucun souvenir, avec celui qu’il était redevenu, à savoir le dieu des Enfers ? Quelle plaie, pourquoi avais-je accepté le marché de son frère ? A la vérité, je m’étais sûrement mise dans le pétrin toute seule comme une grande en acceptant dans un premier temps d’avoir recours aux services d’Hadès pour revoir Daniel et pouvoir lui parler. Mais c’était une époque à laquelle je ne voulais plus penser. J’avais changé, la vengeance n’était plus ce qui m’animait, même si j’avais encore parfois du mal à ne pas laisser parler ma colère. Toujours était-il qu’aujourd’hui, le retour en flammes, sans jeu de mot, du dieu déchu m’était tout sauf agréable. Je voulais qu’il fiche le camp de chez moi, je ne voulais pas qu’il puisse s’approcher de mon foyer ou de ma famille. Je l’écoutai parler et il me filait la nausée. J’inspirai longuement, le foudroyant du regard. Il voulait entrer, mais ce qu’il ne savait pas, c’était que j’avais mis un sort de protection sur ma maison, de telle sorte qu’aucun individu n’y habitant pas ne pouvait entrer sans autorisation. J’avais mis ce système en place suite au coup d’état de Frollo, juste après avoir ramené Robin, amnésique, à la maison. J’avais appris que Frollo était en fait le shériff de Nottingham et je craignais qu’il ne s’en prenne à son ennemi de toujours. Et tandis qu’Andreas approchait, son ignoble cigarette au bec, tout en menaçant insidieusement mes enfants, je ne pus me retenir cette fois, il fallait que je réagisse, c’était plus fort que moi. D’un revers de main, laissant ma magie agir, je le propulsais sans avoir besoin de le toucher, à l’extérieur, le plaquant avec violence dos à l’une des colonnes qui maintenait le balcon du premier étage.

- Attention, Hadès ! Ne t’avise plus jamais de menacer ma famille, répondis-je aussi calmement que possible en avançant vers lui, laissant la porte se refermer derrière moi.

Je ne voulais pas ameuter Robin, je ne voulais pas qu’Hadès le sache en vie, et amnésique de surcroît. Je relâchai l’étreinte, le laissant libre de ses mouvements. Il n’en perdait pas pour autant de ses intentions, je le voyais jouer avec sa cigarette. Pensait-il m’impressionner en ma réduisant en cendre ? Je savais qu’il avait perdu ses pouvoirs, son frère m’avait garanti les lui avoir ôtés. Et j’avoue que je ne me serais pas sentie tranquille en le sachant en pleine possession de ses moyens.

- Tu ne peux entrer dans cette maison. Quant à la porte de ton royaume, je ne sais pas où elle se trouve. Quand je m’y suis retrouvée, j’avais été emportée par la lyre magique d’Orphée. Tu n’as qu’à faire en sorte qu’il te joue une chansonnette !

En y réfléchissant bien, je me demandais si Andreas était aussi de la partie concernant le coup d’état orchestré par Claude Frollo. Mais il semblait que l’ancien dieu voulait regagner son royaume, aussi, à quoi lui aurait servi de renverser la ville, outre simplement me voir dans l’embarras ?

- écoute, si ce que tu veux est simplement regagner les Enfers, je peux tenter de te trouver un haricot magique. Si j’y parviens, peut-on dire que nous sommes quittes ?

Je savais qu’il ne me lâcherait pas aussi facilement avec la dette que j’avais à son encontre, mais il fallait tout de même essayer. Je ne savais pas exactement ce que je lui devais, parce que dans ma tête à l’époque, ce serait de toute façon effacé avec sa mémoire quand le sort noir agirait. Il me fallait une échappatoire, je ne pouvais pas rester redevable envers un tel monstre.
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